"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité"
Il est plus facile de se laisser guider par la petite flamme d'une bougie dans la nuit la plus profonde que sous les mille lumières de l'illusion.
Marie Hurtrel
Jour d'Hélène
Je me souviens de quatre notes do
Sol sous tes doigts transparents
Do de génie musicien
Mi notes à donner
Tes notes courent encore toujours
Montent vers
Le haut loin d’un piano ouvert sur l’infini
Tes dièses en habit d’absence
Dans l’azuréenne décertitude
Ta musique au fond d’un puits insensé
En eau partagée de rivières asséchées
En sable bouillants sur tes mains et la vie
Le silence est tombé
Comme juge
Comme lame
De tes yeux élavés effacés
Creuse chaque jour
Les joues de ma terre prise
Fleurs en héritage du bord de l’Attert endeuillé
À oublier dans l’ombre de mes pupilles
Noires
Oublie
Nie
Refuse d’être
Mais
Je ne sais
Pas faire
Ne veux pas
Je nie quand même
Et mon âme dit
Et le son lointain d’une fantaisie qui revient
Explore mon regard
Sur le vide éloigné de mes heures
Mes impasses révoltées
Et je pleure
J’écris au présent l’imparfait
Pour la souffrance occultée des années catacombales
Tribut
Au serpent nommé ouvrant l’enfer et ses flammes
Poussée par le feu et la vie
Sur les notes du ciel en pluie d’espérance
J’ai déterré la corde du temps
Liant ta voix et la mienne
Dans la source où
Ma soeur
Tu ne manques jamais tant que depuis que je t’ai retrouvée