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Textes déposés © n°SEZ7178 et suivants. |
Ils sont nés de la terre
Du monde
De la vie
Mais
Dans un lit
Ou
Sous des tôles battues de pluie
Derrière une porte
En cachette
Entre des ombres blanches et roses
Entre les prières
Sous les branches d’un arbre séculaire
Par une lame aseptisée
Dans une rue déserte
Un jour
Une nuit
Peut-être
Ils sont venus
Dans le ventre de la misère
Peut-être
Trouvés
Perdus
Déperdus
Abandonnés
Retrouvés
La mort amputant ce qu’il reste d’amour
Peut-être
Mais seuls
De désespoirs incarnés
De familles démembrées
Décharnées
Quand les pleurs n’existent plus
Sous l’inexistence inoculée
Parce que le choix n’est pas donné
Arrachés pour la vie sauve
Arrachés aux coups
Aux hasards désolés
Peut-être
C’est parce qu’un jour
Leurs berceaux roses et bleus se sont troués
Mités
La natte fraîche
Brûlée
Leurs lendemains mal dessinés
Effacés
Parce que la vie a déchiré la page
À recommencer sans retour
Que nos enfants sont nos enfants
Mais nos enfants sont de là-bas
Loin
Dans les îles
D’un soleil trop brûlant à nos peaux
Ou d’une vallée si froide à nos joues
De la steppe plus blanche que l’aube virginale
Leurs yeux cillent
Fallait-il qu’ils portent aussi le cilice
Injustifié
D’un avenir corrompu
Fallait-il
Que leur vie mortifie leurs âmes
Et que leur âme scarifie leurs chairs
Leurs yeux espèrent
C’est parce que là-bas
Les lendemains se faisaient courts
Que du village de la terre
Une porte proche ne s’ouvrait pas
C’est parce qu’ailleurs on aime voir des branches sur les arbres
Et les fruits
C’est parce qu’ils sont de la tribu du monde
Pas seuls
Que nos enfants sont nos enfants
© Marie Hurtrel
texte déposé n°UGZ24A2