Ce sont des images d'un lointain horizon
Qui défilent doucement avec les heures
Venant de l'autre côté des montagnes
Pas de celles de mon paysage ardéchois
Mais de plus loin encore
Des plus hautes aux versants lisses
Comme des galets
Invisibles
Pourtant
Et puis l'oubli aux fenêtres s'installe
Dans la contemplation de la lune quittant les nuées
Ailleurs loin de tout
En dehors des arythmies paisibles
Fleurissant la routine du voisinage
L'isolement se fait
Où peu d'oiseaux de passage se posent
Les pigeons voyagent légers
Aucun courrier n'est attendu
La coupure avec le monde prend racine derrière des murs de grisaille
Dans un décor enchanté d'une aquarelle arcadienne
Là
Où
La nature semble reprendre ses droits
Ma pluie arrive dans cet endroit
Où dérivent les détresses
Où le hasard fait s'échouer les histoires
Une goutte comme perle encore
Sur la joue rappelle la vie qui semblait avoir fui
L'image douce à peine éclairée
Des reflets de l'astre pâle de la nuit
Je crois entendre des rires lointains
Comme de joyeux gazouillis des mésanges
Portant l'éclat des yeux des enfants de mon voyage
Vers un ailleurs de naissance permise
Les cailloux brûlants qui roulent sous les sandales
Rappellent qu'un chemin s'est offert
Je m'y suis engagée
Malgré les ronces emmêlées qui encombrent les percées
Il s'enfonce doucement
Sous les frondaisons de ma merveilleuse bucolique
Mais sans voir jamais de clairière s'annoncer
Par le moindre jour plus distinct que d'autres
Je me promène sur les invitations au départ
Des bois sombres
Transpercés de lumière aoûtiennes maintenant
© Marie Hurtrel
texte déposé - n°UGZ238C
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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