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Prose : Vague douce

Il y a peu, au milieu d'un jour beau comme le soleil, j'ai senti une onde me parcourir.

C'était comme une vague délicate caressant le corps…

Mes jambes semblaient prises dans une sorte d'étau confortable et étrange, je me trouvais envahie par une envie extraordinaire de dormir.

Je ne sais trop pourquoi, je n'ai pas suivi ce doux appel à fermer les yeux et laisser le sommeil prendre le pouvoir…sans doute était-ce pour prolonger le sentiment de bien-être et de sérénité qui enflait en moi et faisait vibrer toutes les parcelles de mon être.

Le carcan de ma peau disparu, cette prison qui peut m'être si douloureuse parfois, j'ai eu le sentiment d'être sans contenant, libre enfin, et baignée de Paix et d'Amour.

L'onde m'a caressée et emplie pendant un long moment il me semble, et d'autres vagues nouvelles sont venues m'envelopper et me dépouiller de la bure agressive que peut être cet habit sur mon âme.

Je ressens encore, par moment, cette onde comme une caresse à mon corps, à tout mon être, et l'impression soudaine d'être emplie de la nature et de me diffuser comme un arôme sur la flamme.

C'est un sentiment de quitter un vêtement étroit dont l'étoffe blesse jusqu'au plus profond de soi et empêche tout mouvement naturel et spontané. L'impression de la nudité.

J'imagine dans ces instants comme le vent qui emporte les feuilles et fait apparaître la structure de l'arbre en entrant dans l'hiver, et le printemps insufflant la vie nouvelle dont la place est naturellement faite.

© Marie Hurtrel 2008
Texte déposé - n°SEZ7186


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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