Il y a, derrière la maison, une petite route que je rejoins en passant la porte usée, au bois grisé par quelques années de pluies hivernales.
Les hauts cyprès alignés, comme des géants protecteurs, donnent leur ombre bienfaisante, quand un Août se veut brûlant.
Souvent ils soufflent une chanson, le vent jouant ses notes profondes dans leurs branches soumises.
J'ai pris la route tout à l'heure, et longé le mur de pierres soutenant les bosquets et les broussailles.
Au loin, le village touchait le ciel en découpant sa transparence.
Plus haut, sur l'autre serre, deux chiens, compères sans doute, baladaient leur liberté à travers le paysage.
Puis, j'ai suivi le chemin qui mène aux pommiers, encore lourds de fruits rouges.
Je m'en suis allée, sereine, sans compter mes pas, à la rencontre des lutins sages, les quatre copains heureux.
Une larme est venue…
Est-ce la vie, ou la beauté du paysage, qui a mis dans mes yeux trois gouttes de bonheur ?
Chaque jour je m'en irai, les yeux dans les feuillages, à guetter l'envol des verdiers, et le geai farouche surveillant son domaine.
Chaque jour, je cueillerai les sourires, comme les fruits de l'oranger de mon jardin enchanté, là-bas, près des pommiers…
© Marie Hurtrel 2007
Texte déposé - n°SEZ7179
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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