"Elles tombent, jaune, orange, et c'est joli. Pourquoi ?"
-C'est l'automne poussin, les arbres enlèvent leurs chemises, ils n'ont pas froid, ils aiment le froid.
Les feuilles vont toutes mourir et elles le feront dans un festival de couleurs, parce que ce n'est pas triste.
Leur saison est finie et leur travail accompli, elles présentent un bouquet final pour faire leurs adieux à la scène du temps...
Les arbres vont dormir, leur repos n'est pas éternel, ils se préparent à accueillir les acteurs nouveaux de la vie.
Le blanc de l'hiver recouvrira leur tristesse apparente, pour caresser nos regards, ce sera doux...
En marchant, pas à pas, dans la neige sourde, tu te laisseras envahir de silence, ce ne sera pas le vide, mais juste une pause en attendant un demain, un jour de naissance jamais comme un autre...
Au printemps poussin, tout commence.
Petites pointes aux couleurs d'espérance se montrent et grandissent en se donnant au soleil...
Leur teint pâle d'aquarelle devient émeraude, épousant l'écorce nouvelle en donnant à chaque branche son alliance de vie...
La robe estivale vêtue, aux mille fleurs discrètes ou exubérantes, de papillons en abeilles des accordailles auront lieu...
Petits coursiers gourmands qui apportent la semence d'un autre jour, l'acte au goût de sucre se joue...
Et de ce mariage, chaque fruit qui arrive, à nul autre pareil, alourdit la danse du vent...
Ils tombent, tombent ces fruits de la vie, et les graines jamais mauvaises se donnent au terreau pour continuer l'histoire...
Les feuilles descendent tel le rideau sur la scène, et se posent en tapis couvant la graine promise aux jours nouveaux...
© Marie Hurtrel 2006
Texte déposé - n°5H27182
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On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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