Site déposé © n°UGZ218B. Site déposé © M.C.Hurtrel prose-poetique.com Textes déposés © n°SEZ7178 et suivants.
Bookmark and Share

C'est la journée d'un lutin

Au tremblement de la sonnette du petit réveil mauve, les pas redoublent dans la chambre.

Lutin est déjà levé, et prêt pour l'école.
Réveil et sonnette ont trop tardé pour le surprendre.

Il roucoule, chante, il paraît qu'une alouette pourrait bien se faire plumer !

Il pousse de petits cris de chaton, bondit sur son lit, sur ses tapis, et se jette sur sa maman pour se frotter la tête et lui pétrir le ventre.

Je vous dis que c'est un chaton, une minouche qui roucoule comme les jolies colombes du jardin !

Il croque, dévore ses gâteaux, il adore le quatre-quatre dit-il, et le thé sans sucre, vert ou noir.

Il saute dans ses chaussures aux couleurs de la voiture de Spiderman, enfile rapidement sa kourtka, endosse son cartable, et saute, bondit encore.

Sur le chemin de l'école il trouve un caillou et le lance vers la cime des arbres, le merisier là-bas, il l'aura glousse-t-il.

Sur un pied, sur deux pieds, en regardant le ciel, il éclate de rire, et tourne, virevolte comme les feuilles d'automne.

La journée se passe, elle est longue, silencieuse…

Au retour de l'école, à l'heure du souffle ardéchois dans les pommiers, il accoure.
Le voisin a labouré, et dans le champ, les pierres se transforment en fusées explique-t-il.

Lutin vise les nuages, c'est lui qui lance le plus haut les pierres.

Trotte, galope, une feuille dans la main, une fleur de pissenlit, une boule qui s'envole, Lutin éternue, et rit.

Vite, il court au devant de son chien, entame une danse de retrouvailles, la journée a été longue pour la bête aussi.

Un goûter, une lecture, un jeu, des rires, un ballon qui roule, un saxophone qui ravit, une pluie, et mon lutin sautille.

Il veut faire un dessin, un dragon, mais son crayon ne lui obéit pas, la rage monte, il hurle, tape, déchire sa feuille, veut que sa maman lui fasse un modèle.
Mais il n'y arrive toujours pas, alors il pleure, se frotte les yeux et enfonce ses poings, il transpire de colère.

Il pleure sur les genoux de sa maman, essuie ses larmes sur son gilet, cale sa tête dans son cou, et sanglote.

Il veut un dragon, et maman doit le faire.
Maman le fait.

Il entend quelque chose, un moteur ? C'est bien ça !

Il court, vite, dévale les escaliers, c'est l'heure du dîner et il veut accueillir son papa, dans les cris, dans les bonds.

Mais le temps passe, la journée s'étire, Lutin doit dormir.

Il saute sur son lit, glousse et crie, chante, il paraît qu'une alouette pourrait bien se faire plumer !

Même pas cap' de m'attraper pour me faire des "guiris" rit-il aux éclats  "tu ne m'auras pas !" ses yeux se plissent, il s'enroule dans sa couette et disparaît.

Un drôle de polochon gigote, est-ce un fantôme ?
Non, c'est lui qui s'entortille !

Il faut faire dormir les yeux, mais où sont les yeux ?

Je le vois, un baiser sur chaque œil, un baiser au front pour faire dormir le cerveau, un sur le nez pour que la nuit soit douce.

Il rit encore, et la lumière s'éteint.

J'entends encore Lutin rioter, et doucement il s'endort.


© Marie Hurtrel 2006
Texte déposé - n°SEZ7579
Ce texte attend une illustration, si vous êtes inspirés contactez-moi. Merci !


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

SIREN 513018309
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants.
...
  • .
  • .
  • .
Page Rank
"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

copyright prose-poetique.com