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Balade, mon âme

Tout à l'heure, j'ai pris la route derrière ma maison, celle qui mène aux pommiers et leurs branches encore dénudées.

D'un pas vif, j'ai marché, contre le froid mordant mon visage, les yeux dans la beauté du paysage.
Deux fleurs de l'hiver ont dansé et se sont posées, un flocon dans le cou, un flocon sur ma joue, pincée, rosie du vent du soir venu figer la nature.

Le regard caressant ma montagne, j'ai chanté, dis les vers, au matin lus et venus d'un soleil que je ne connais pas, et la lumière a changé, et le temps s'est arrêté.

Le silence du monde s'est emparé, dans un pas, après un autre, feutré, léger dans l'espace sans air, l'impression de lune sur la terre et que tout va commencer.

Les rimes s'égrènent encore dans mon âme comme l'eau de source déverse la vie au pied de la véronique avant l'été.
L'onde fraîche puisée pour nourrir la graine, ce cœur dessiné, et appliquer le baume riche des larmes célestes.

Une fleur bleue pour mon âme endolorie, un pétale dans mes nuits trop claires, et le parfum de la terre après le baptême des nues.

© Marie Hurtrel 2009
Texte déposé - n°UGZ2691


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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