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Sibylline

Comprends le temps
Le temps
Le Temps
Au-delà des flux alizéens
Quand la prosaïque déclinaison devient obscure

Comprends le vent
Le vent
Le Vent
Roulant le sens et la démesure
Sous les branches accrochées au corsage

Comprends le sens
Dé-sens
In-sens
Dans l’avers des heures in-sages
Et la paresse incinérant l’injure
 
Comprends la dispense
Le silence
L’impotence
Des mots absouts rendant le fiel et la morsure
Sous le sol sans le sol
Et le chant sibyllin

© Marie Hurtrel

Strophe 1- comprendre que sous un soleil apparent et le temps qui semble passer serein la réalité est une tombe ouverte.

Strophe 2- comprendre que sous les liens paraissant francs, légitimes, justifiés, et logiques, la révolte pousse les mots jusqu'à les tordre dans ce qu'ils ont à dire et qu'on avait fait taire.

Strophe 3- comprendre que la pudeur demande parfois à rendre sibylline la parole, quand la brûlure non crue impose un silence acide.

Strophe 4- comprendre que le silence sauve parfois de l'innommable et le redonne autrement dans un chant qui semble désaccordé mais qui s'accorde au cri étouffé et renvoyé comme absurde par les oreilles étrangères.

Quand il y a tant à dire et que les mots ne peuvent se poser simplement, parce qu'il ne s'agit pas de réécrire l'histoire et de boire à nouveau l'amer, mais d'intégrer son argile pour en tirer autre chose, une sculpture nouvelle, faire du pire quelque chose de beau, une musique abstraite, différente, parce que les fleurs poussent aussi dans les décombres.

Le titre, Sibylline, évidement ne pouvait être autre, j'ai remonté ce poème à la surface pour apporter un peu de lumière sur ce que je voulais faire passer. L'important est la musique, le sens semble parfois se perdre mais il appelle celui que le lecteur voudra donner, le sens reste pour l'écrivant(e) quelque chose pétri en une résilience.

Le poème n'est pas simple à lire, il ne l'a pas été à écrire.

© M.H


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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