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Ô muse, mon âme muse

Ton visage peuplé de tes yeux statiques carence le soleil
Je prie sous la lune pour caresser un jour
Tes joues et ton désir sous le vent
Comme les îles imaginées que j'ignore
Comme le bras de la statue de ma liberté
Comme l'incarné porte-plume des écrits de mes nuits

Tes mots de ta bouche pas sortis
Dans mon coeur ont atterri
Sur ma peau ont aluni soulevant l'interdit
Comme autant de jeux prononcés des dieux
Comme des pleurs illégitimes de manque inconnu
Comme la prière insane envahissant l'espace vital à ma survie

Toi que j'ignore, toi que je vis en supposées envies
Tu es l'encre du papier bleui
Tu es l'essence de la lampe brûlante
Tu es les sens éveillés
Et l'absence
Et le silence
Et le froid dans mes veines
Et le feu dans mon sang
Toi, toi que je ne veux plus ignorer
Je prends tes mots pas dits
Pour comme chrême sur mon front les étendre et tendre les mains
En prière encore si les dieux permettent
Un rêve étranger en demande humaine

Les paumes vers le ciel
Le regard dans les nues je cherche l'écrit volatil
Où ton encre viendrait en marée d'équinoxe
Rappeler l'heure, le jour et la vie

extrait de "Palimpseste Rouge pomme"
© Marie Hurtrel
texte déposé n°UGZ2198


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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