Pour offrir le plus beau des bouquets à la vie,
Je cueille les fleurs des champs,
Question de goût et d'effet.
Il faut marcher longtemps,
Et cueillir la campanule comme raiponce,
L'ancolie sous le vol d'un bourdon,
La véronique généreuse au bleu profond près des sources.
D'autres trouvailles aussi, merveilleuses, sur un coteau,
De germandrée en compagnon blanc, qu'importe le feuillage,
Les fleurs si petites, à chaque pas ajoutées,
Donnent la matière au présent destiné.
Nul besoin de roses baptisées,
Et le fleuriste peut bien ranger ses lys et son sourire intéressé,
Mon bouquet est riche et joliment arrangé.
Du liseron lié, je l'ai donné, et il a rendu le sourire longtemps effacé.
© Marie Hurtrel 2004
texte déposé - n°SEZ7173
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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