Je me souviens de quatre notes do
Sol sous tes doigts transparents
Do de génie musicien
Mi notes à donner
Tes notes courent encore toujours
Montent vers
Le haut loin d’un piano ouvert sur l’infini
Tes dièses en habit d’absence
Dans l’azuréenne décertitude
Ta musique au fond d’un puits insensé
En eau partagée de rivières asséchées
En sable bouillants sur tes mains et la vie
Le silence est tombé
Comme juge
Comme lame
De tes yeux élavés effacés
Creuse chaque jour
Les joues de ma terre prise
Fleurs en héritage du bord de l’Attert endeuillé
À oublier dans l’ombre de mes pupilles
Noires
Oublie
Nie
Refuse d’être
Mais
Je ne sais
Pas faire
Ne veux pas
Je nie quand même
Et mon âme dit
Et le son lointain d’une fantaisie qui revient
Explore mon regard
Sur le vide éloigné de mes heures
Mes impasses révoltées
Et je pleure
J’écris au présent l’imparfait
Pour la souffrance occultée des années catacombales
Tribut
Au serpent nommé ouvrant l’enfer et ses flammes
Poussée par le feu et la vie
Sur les notes du ciel en pluie d’espérance
J’ai déterré la corde du temps
Liant ta voix et la mienne
Dans la source où
Ma soeur
Tu ne manques jamais tant que depuis que je t’ai retrouvée
© Marie Hurtrel
texte déposé n°UGZ249B
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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