Suis-je terrestre au point que la terre déjà s’infiltre sous ma peau
Rien ne se vérifie
à l’aune des déchirures de l’aube et des couleurs de l’exil
Parce qu’exilée en mon pays
Je connais l’ab-sens
Le silence cacophonique de l’attente
Où aller
Puisque les routes se croisent où la terre n’a de consistance
Attendre
Attendre l’attendre
Prendre le provisoire comme un radeau de sauvetage
Pendre les nuages dans un ciel défenestré
Existe-t-il une autre île dans les flots de hasards
Où nager est un souffle qui s’écourte
La peine épuise le sens
J’attends
Tu attends
Les regards et les âmes tendent
Une envie d’amour charnel
Il me faut une terre et tes mains sur mes hanches
© Marie Hurtrel
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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