Goutte à goutte sur mon sol craquelé
Les larmes du sang des rêves tombent
Sur la vie inoccupée des fleurs
Dansent les reflets de l’eau de l’heure morte dans ses yeux
C’est un chrême sur son front posé par les saisons
Une page déchirée à l’extrême oraison
C’est l’été perdu dans les pierres du chemin
Et le jour encombré d’incertitudes et d’amour
La nuit s’éteint comme la lune
Et demain s’est perdu dans ses mains
C’est dans l’essence du monde en fuite
Que je puise l’encre de ma détresse
Ô Mère
Immortelle pourquoi peux-tu mourir
Ô Terre
Intemporelle pourquoi comptes-tu les jours
Sous le feu de l’amer humain
De mes veines coulent les mots comme la lave
Et creusent les sillons de mon âme
Dans la glace des hiers crucifiés
Et le ventre vendu de la terre
Demain est-il une île
Ou un naufrage
Par les marées sur les ailes brisées
Noires comme les idées ignorées des enfants
Oubliées comme les blessures étrangères
Maudites comme les lettres interdites écrites sur son nom
Est-ce déraison d’enterrer les papillons
© Marie Hurtrel
texte déposé n°SEZ739A
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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