"Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais."
Charles Baudelaire.
"La meute en formatage vorace martèle que tout ce qui dépasse meurt, tout ce qui penche tombe, tout ce qui souffle s'étouffe. C'est l'heure de la meute qui sonne sur l'once où semble réduite l'humanité.
Que l'heure ultime de la meute sonne et que ses dents la mordent sous là où le diable se tortille."
Marie Hurtrel

Comme la nuit, rien n'est jamais obscur à l'absolu. Même faible, une lueur de lune éclaire. Il faut juste le temps pour s'habituer et apprendre la douceur des formes, des mots, des couleurs et des notes qui disent ce qu'en pleine lumière brûlerait l'âme et les yeux.
Marie Hurtrel
"Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."
Arthur Rimbaud
"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité "
René Char
"Par la poésie toutes les portes peuvent s'ouvrir, de la parole au rythme, du son au silence, entre pauses et respirations, que le point-virgule des minuits sonnant, encre la page suivante en bleu, rose, orange, rouge, et toutes les couleurs de la terre, du dessus au dessous."
Marie Hurtrel
Dieu, le fracas que fait un poète qu'on tue !
Aragon









© Marie Hurtrel
Ecoute les râles du boulevard, entre-roues et justice, les cafés de Christiane se devinent.
Il n'y a pas d'aube sous l'auvent des déveines, mais l'avent d'un silence délétère.
Aucun fleuve ne porte l'inversion du temps, et sa dépouille rougit des heures osmotiques.
C'est dans l'hier de l'ailleurs que s'infuse le devenir.
Les illusions bercent le vent que j'avais laissé entrer par la fenêtre des songes.
Pour les couleurs qui fouillent le Souffle plus loin que l'horizon, j'écris le Cameroun comme il a peint ma route.
Pas de pluie sur la cité, juste un ciel gris et les promesses de soleil qui ne contrent pas le froid... mais des brillances sur les toits.
L'heure coule avec les cadavres métalliques, la Seine se regarde pisser entre les cuisses de Paris, et Saint-Louis suce, des pages, les cendres clandestines.
Quand c'est le bruit d'une tôle qu'on insulte, l'air se froisse d'une ombre sous les gouttières.
Il faut plus que le feu au bout d'un clope pour effacer du silence, le cortège.
Belle obscurité, à écrire la mort pour saisir la vie.
Un poème du sombre donne la clarté d'un phare dans la nuit.
Un soir d’octobre une ombre est passée sur le mur d’en face, il y avait la lune pour témoin.
Un soir, un silence a marqué la pierre de nouvelles notes, le dernier soupir de l’ancienne partition a mis la clef du sol au sol.
Smog en doute, smog en cours, smog en tombe, la lune est de plomb et le regard d’un chat en suspens dans les branches de la nuit.
Où est-ce qu’on rôde, entre hier et demain ? Où emmène l’après-midi ?
Soleil, vent et ciel s’en fichent et fichent et colégram, sourd le temps et les heures passent.
Il paraît que dehors existe et qu’il faut aller voir. Je ne sais pas.
La douceur du silence au silence de l’heure, de la nuit éparpille les ombres, comme les pages d’un livre.
La lenteur d’août éternise son vide de sens. Sens interdit, coi, le mois a des airs idiots.
Le plâtre en oublie de sécher, quand la fumée des voitures parfume le silence.
Il me semble qu’il pleut.
Pourtant le ciel est sec.
Juillet s’étire, il touche à sa fin dans la faim d’août qui arrive... Avec sa disette en bandoulière, août cherche un cimetière pour enterrer sa peine.
Regarde ces gouttes de pluies qui s’égarent à faire briller les toits d’en face, les nuages cherchent à comprendre, ils n’y sont pour rien.
Sur la table, un cahier reste ouvert, attendant la plume qui caresse... Sur cette page offerte, entre les lumières artificielles et le bois clair, se posent les mots d’une heure bleue de la nuit qui s’annonce.
Plus loin, au loin, c’est le chant du ciel en attente...
Avant d’aller prendre le rêve par la nuit, je remonte les mots jusqu’à la nue et tourne à l’angle de la lune, là où les voies se croisent et les voix s’éteignent.
De mai en rêves, de fleurs en mots, il n’y a qu’un vol de plume et quelques gouttes d’encre. Ici les dires peuvent s’écrire.
L’étrange est une planète d’exil et l’amour en est un des satellites soumis à la sismique attraction.
Entre deux mots et deux heures, une du temps, et l’autre qui tend vers quel chemin, je n’en sais rien...
Ô liberté, prends racine sur les déconvenues, fleuris où je n’ai pas d’ombre dans l’ombre où je vis.
La Lune épousera la Terre, lors d’un acarne solstice inventé, et Mai aura son baptême par son vin de vigueur et de ses fruits sera le sang comme sève.
Quand du corps à l’âme la musique s’en mêle, au-delà du sens et des formes, je suis un violoncelle.
J’aimerais connaître la pluie d’été qui caresse les heures tardives... et voir pousser des fleurs sur l’asphalte, cueillir pétale après pétale le sentiment que le monde change. J’aimerais que les mains jamais ne se ferment sur les fruits offerts. J’aimerais tant de choses...
L’oeuvre échafaudée n’est pas implicitement art, fut-elle chef-d’oeuvre.
L’Art est pulsionnel, émotionnel, sensationnel, impressionné, fut-il né sur un échafaudage.
Ce soir j’ai une envie d’envol, de disparaître, pour devenir transparente comme une Martha des neiges bleues...
La terre ne porte pas que des hommes...
La nuit n’est pas toujours dans le ciel...
Un mot, contre les maux...
Aucun mot en écho...
Douleur...
Mains...
Mal...
Garder ce qu’on a à donner alourdit la marche.
© Marie Hurtrel
De toi à moi, il n’y a qu’un jet d’ancre, le port n’est pas loin.
Il y a des mots que je lis avec les mains, parce qu’ils s’écrivent dans les paumes, là où les lignes d’envie dessinent la forme et le fond du coeur.
Il faisait ciel, tu as mis un soleil.
Il faisait terre, tu as semé des fleurs.
J’ai ouvert ma porte, l’alizé est entré et balaye le sable qui me brûlait les yeux et le coeur.
C’est par l’anche de mon saxo que chante aussi les larmes.
Les mots ne savent plus écrire quand le coeur ouvre le ciel et il pleut sous les paupières de son encre diffuse.
Rincés les pinceaux, fermé le cahier, muet le saxo, il reste la nuit pour compter le silence.
La lumière est là même quand on pense que tout est sombre, il suffit de la suivre.
Les mots comme la musique font le tour de la terre, par un clavier autre, qui porte les notes comme le coeur ses battements...
Entre les branches du sang des cornouillers, le souffle de décembre accoste.
Quand le coeur et les mots ne font qu’un, le poème s’écrit d’un souffle...
Un flocon bleu est tombé sur mon cahier, entre les mots brûlés et les toits de la cité, ramenant le rêve à sa virtualité.
Vivre mort, voilà comment le temps reste au fond des larmes, par le "mourir jusqu’à l’épuisement", comme si la vie n’existait pas, juste une image de vie, sur un papier glacé comme le sang, et rien, le néant... mais vivre cependant, vivre une autre saison, une saison qui n’a ni commencement ni fin, fleurs qui s’ouvrent, ni feuilles qui tombent. Vivre comme un dépit, sans raison. Mais vivre.
Le boulevard s’enroule sous le bruit de pas égarés et l’heure dans l’absurde. La lune disparue sous les lumières artificielles relit sa correspondance avec la terre exilée.
Dans l’hiver qui s’annonce, je tourne mes yeux vers la page perdue et les derniers rayons d’un soleil que j’espère... suis-je cette branche nue que la vie accapare encore, suis-je l’éphémère posée entre le coeur d’un perce-neige ?
Quelques pétales de neige sur les cils de la nuit éveillent ses paupières entre lune et ciel. Ce n’est pas l’hiver, c’est un jour qui s’offre au lendemain d’un rêve.
Voilà des semaines que je n’ai pas puisé un poéme à la liberté, un poème à deux quarante... alors, quand la pluie cessera, je prendrai mon cahier, ma plume, et deux cafés en liberté.
Il fait doux, les enfants jouent, le ciel sombre n’envahit pas la maison. Un paysage arrive à mes mots, comme le bonheur à mes heures. Vivre est un bouquet des fleurs les plus belles cueillies dans le désert.
Le silence compte les heures dans un jardin sans nom.
© Marie Hurtrel
C’est le jour qui déporte dans le songe éveillé.
Que la nuit vous porte, puisqu’il n’y a pas d’échelle pour atteindre la lune.
Au fond d’un rêve exclu, mes cinq cents nuits de toit en tôle ondulent sous la lune confuse.
Sur les fenêtres de ma ville s’écrit la nuit en notes bleues.
Il ne faut pas prendre un animal qui saigne par sa blessure.
Inutile nuit. Une route de glace et de neige sur une musique nordique sauront-elles s’écrire quand une heure plombe les mots... J’écris, partie dans le silence d’une steppe et sur les pas d’une louve... entre la porte et la nuit, entre hier et peut-être, entre le tic-tac de l’horloge et la mort qui rôde.
Le songe souffle comme l’autan sur les rêves, un songe décomposé que la nuit refuse. Un songe usé, trahi, qui cherche son encre et trouve ses larmes.
Si on ne doit pas dire, si on ne doit pas écrire, que faire alors de ce qui déborde du livre ?
La nuit se tait, parce que les mots ont cousu le temps, bord à bord, le temps avec demain qui passe, se glisse, s’en va.
Être une folie secondaire, compter les pages trop blanches et les nuits trop muettes... être sans temps s’écrit sans encre quand le poème s’effondre sur le bord d’un monde sans terre.
Un soleil nocturne suggère l’écoute des tourments des hiers en fascine couchés, érigeant l’ombre des chats des coutumes gouttières, quand de pierre en pierre sur les murs gris et leurs portes sépulcrales se pose le temps.
De la rue jaunie de lumières novembrines, je recompte mes pas sous le grand pull noir de quinze saisons.
Et si le temps s’enfuit sur les ondes célestes, si la camarde surprend le souffle incarné, si la nuit hypnotique inonde le sens du sang avant l’épilogue poétique, j’écrirais quand même, j’écrirais encore un dernier acte dans l’encre de mon âme.
Oublie la rime et ses frontières
Oublie le sable et la brûlure du ciel
Laisse le vent déplacer le Sahel
Laisse le sang découvrir ses veines
Regarde l’heure se coucher sous le temps
Écoute la nuit et son poème
Comment dire sans mots
Comment croire quand tout vacille
Comment cueillir sous la neige
Comment rêver sans sommeil
Comment trouver une route au Sahel
Où sont l’horizon et la couleur du ciel
© Marie Hurtrel
Ô Amour jamais tu ne ramènes à la terre le voyage des yeux absents, sur ce sol qui se crible de chaînes justifiées, tu parcours le silence comme on suit le vol des hirondelles. Il est temps de les suivre autrement qu’en rêve.
Il pleut sur les rives de la Neva, et tu te caches pour parler à la lune.
Que la nuit nous emporte où demain se tisse, sur la portée des songes.
Il y a un nom qui dans un miroir reflète une lumière dont même la lune et son soleil ne sauraient briller. Je dois un poème à la vie et il porte ce nom.
Ombre bienfaisante posée sur un paysage, un visage, elle est la couleur d’une encre et l’ancre des rêves, elle est l’eau d’un regard absent, elle susurre le chant silencieux des étoiles, elle recompose ce que le jour a disloqué. Elle est source et delta. La nuit.
Au bord de la nuit, composant l’heure sombre, silencieuse, vide, j’écris un poème qui n’a plus d’adresse.
Ce mardi, gros comme une horloge comtoise, accroche quelques retards de lectures à ses aiguilles et l’émotion en balancier. J’ai l’âme qui sautille sous un soleil qui ne veut se coucher quand l’heure se faufile entre les frontières par les mots effacées.
La partition restée accrochée aux branches d’un cornouiller effeuillé ne ressemble plus à rien. J’ai bien quelques notes en tête, mais éparses, elles ne font que désordonner mes poèmes.
L’orage est loin, les écubiers célestes ont coupé leurs liens électriques, la rue fleure la terre, et la ville luit encore de l’eau du ciel, rincée, calme, sans marque du temps autre que quelques fleurs de cotonnier accrochées à l’azur.
Un livre sur les épaules, un rêve dans les mains, une encre sous la lune, la nuit avance en écrivant demain.
Il m’éblouit, met du désordre à ma fenêtre, rappelle le temps qui passe, trouble mes couleurs, réveille mes pinceaux, pince ma saison par le bout du coeur. Le soleil de septembre.
Chut... écoutez... un autre nocturne composé sous le ciel de septembre, sans notes, juste une musique du coeur, un battement ...
Dans l’instant qui se tisse entre les draps du silence, quand le ciel souffle encore son ombre et que les rêves s’accrochent à l’insolence, revient l’éclat d’un sourire.
Dans un chemin tortueux où poussaient des fleurs et des épines, j’ai posé quarante-neuf pierres et mes couleurs, tourné autant de pages à mon carnet de route, soufflé autant de fois pour chasser la brume, vu s’éloigner autant d’horizons, et à chaque pas me suis étonnée du lever des étoiles et de l’aube qui déshabille.
Aux rêves de la nuit succèdent les songes du jour quand un rayon de soleil envahit l’heure et le temps.
J’ai planté un lilas sous les feuilles de la nuit, et je lui ai donné l’eau de mes poèmes, pour que fleurissent autant de mots que d’amour j’ai pour toi.
© Marie Hurtrel
Dans le dos, des ailes de papillons, j’ai volé trop haut, vers un soleil trop chaud. Dans les yeux, des horizons bleutés, la brume s’est levée, et la nuit est tombée.
Je me suis couchée à l’ombre d’une page bleuie au sang des rêves, la nuit de mon âme tentant de donner sens à ma poésie.
Par un rayon de soleil, une goutte d’eau, une poignée de terre, un souffle de brise, que la journée s’ouvre comme une fleur.
Que les mots portent plus loin que l’horizon, de l’autre côté des nues, par delà le sable et la mer, qu’ils résonnent et raisonnent.
De la nuit, de la lune, de la terre, des nuages, du tic tac des comtoises, de la mort, de la vie, d’hier, de demain, de la musique, du vent, des feuilles de saule, de l’eau de ma source, des yeux des anges, des couleurs de ma palette, du regard d’un poète, du jour qui se profile, du boulevard qui circule, du auvent du fleuriste, des tables de Christiane, de la Liberté de Miloud, du bleu de mon cahier, du bleu de mon âme, du bleu de Russie, des révoltes estudiantines, des senteurs de cacao, des pas de mon voisin, du pain sortant du four, du thé qui noircit mon verre, de mon dos qui se plaint, des yeux qui touchent le siècle, des souvenirs des dieux, de mes partitions, des heures de musique amicales, des pierres ardéchoises, des étangs brennous, du broyé au sucre de mon enfance, des ancolies cueillies sous ma fenêtre, des bouleaux finlandais, de la neige de Gatchina, du son du djembé, de l’insolente intelligence enfantine, du miel de lavande, de la sauge fleurie, du goudron de la route, de la poussière des chemins, des cris matinaux emplumés, des carillons du clocher de la cité, du bourdonnement des abeilles, du blues, du jazz, du klezmer, de mon saxo et de son violoncelle, du portable qui sonne, de l’été qui résonne, du café qui camerounise ma tasse, des hommes qui savent être humains, des humains qui le restent, du refus de plaire, du bonheur de voir, de toucher, de sentir... parce que mes pieds touchent terre et que mon âme est ailleurs, de là et d’ici, de là-bas et plus loin, mon inspiration arrive...
Une heure s’étire, la nuit creuse le silence, j’écoute le boulevard qui s’est tu.
Sais-tu les mots qui se posent sur mes pages, les mots qui frôlent ma bouche et repartent sur les ailes du peut-être, sais-tu ce que j’écris quand le temps se décompose dans mes yeux et tes rivages ?
Si de l’autre côté quelque chose existe, je peux traverser l’enfer et son néant, je peux poser mes pieds nus sur la braise et marcher sur les flammes. C’est le brouillard qui égare, pas le feu.
Le temps est un tueur en série.
Quelques pétales de soleil sur le silence chantonnent à ma fenêtre, un jour pour aller dire un poème à mon saxo qui paresse sous les heures de l’absence.
Les poètes sont... fous fous fous, d’où la beauté des mots qui peut être quel que soit le sujet, il me semble que le talent se mesure en partie dans un thème délicat, tous les thèmes où les mots font funambules sur la crête d’un oiseau-lyre (lyre à crête ça n’existe que depuis tout de suite, si, si), sur le crêt de la liberté. Il faut un brin de folie pour ne pas prendre le vertige, pour ne pas tomber dans un piège de qualités négatives, telles que la vulgarité, la méchanceté, le mépris, etc. pour danser comme des fous sur la pointes des mots les plus terrestres. Il y a plusieurs poètes qui le font à merveille.
© Marie Hurtrel
La poésie s’est toujours assise sur la peau des écorchés vifs, les poètes sont écorchés ou ne sont pas. Sans dire qu’il faille absolument saigner pour écrire, il faut avoir, je crois, une route, et qui dit route, dit cailloux, pierres anguleuses, grains de poussière dans l’oeil, genoux couronnés, insolations et gelures... et fleurs qui poussent sur le bord du chemin, où on ne s’y attendait pas, parfois dans les pires terres dévastées, une route en somme, juste une route, et des océans à traverser.
Si tu me racontes le chemin, je peux continuer de le suivre malgré ses pierres et ses ronces, malgré ses pentes et ses fossés sombres, ses imprévus et ce que tu ignores. Parce qu’alors je sais que ce chemin existe.
La vérité exagère toujours.
Douce nuit, je vais cueillir quelques nuages, deux ou trois rayons de lune, et une goutte de pluie. Avec un cahier je me couche, le vide et le froid sont l’encre qui déborde de mon lit où le silence trempe sa plume, une part de souvenirs comme draps.
Il faut donner des ailes aux poèmes, un peu de kérosène, enlever les pierres du mur du son, le faire passer entre les lignes modifiées par l’humaine incohérence, et peut-être alors que les mots pourront accomplir ce que j’espère.
L’oubli autorise le recommencement. Il y a de jolis oublis, sucrés, roses et oranges, doux, chauds du soleil d’un matin printanier, et il y a les autres, étouffés, étranglés, battus, absents, juste parce que savoir empêcherait un confort sans lendemain, alors l’oubli peut autoriser le pire.
Un rêve erre entre l’espoir et l’attente, entre hier et demain, entre mes peurs et tes mains, sur ma peau qui se souvient... dans un chemin qui se dessine dans la brume, je cherche la route qui ne contourne pas la vie.
Certains soleils donnent plus que la lumière, plus que la chaleur, plus que l’heure et le temps... j’ai trouvé un soleil comme ça, plus grand, plus doux, plus fort, un soleil couleur de terre et de fruits, un soleil aux saveurs d’un été qui ne finit pas... où je puise mon inspiration, mes pinceaux parlent pour les mots que je ne sais pas dire...
Le soleil est couché sur les tuiles de la cité, son ventre luit sous la caresse de l’eau céleste, c’est l’arc en ciel qui le chante.
Dans un pas feutré du jour qui s’attarde, une pensée qui s’envole sur les toits et la ville, les larmes du ciel rincent les prémices vespérales des heures floues.
Il y a un temps pour les pauses, il arrive seul ou incité, parfois il surprend, il peut nous inonder de sa nécessité, être provoqué, s’insinuer par dépit. Une pause c’est une heure complexe, tissée d’hier et demain, le regard sur le monde et le lien avec la terre, c’est un questionnement et un abandon.
Un silence porté par les nuages, une nuit portée par les regards, une flamme sur l’horizon, vient une onde dans un soupir sur la terre.
Parce que l’ombre est sur la ville, et les couleurs endormies, les néons scintillant leur solitude, et puisque le silence s’habille de souvenirs, j’écris sur la lumière des rêves.
© Marie Hurtrel
Plongée dans l’astre nocturne... Les yeux dans la peinture de mon âme... à genoux sur les couleurs dévorant mes cris étouffés... Je peins... Je pleure mes paysages intérieurs... et les voyages... Je peins et je chante la douleur précieuse d’exister...
Quand un brin de tristesse au bouquet s’ajoute, c’est un pétale qui tombe sur les roses bleues du temps, un parfum qui s’insinue sous les mots du silence, c’est une note longue, un point d’orgue à la nuit.
J’écrirai tout, sur tout, autant sur et avec ma plume docile dans ses minutes égarées, plume bien-aimée, bercée de nuit et d’étoiles, celles qui là-haut nous protègent, celles qui brillent pour rappeler que la vie est précieuse autant que courte. J’écrirai le sang, le sel, et j’écrirai le miel et le ventre de la terre, ce qui sourd de l’âme humaine, ce qui coud les hommes entre eux. J’écrirai demain parce qu’hier, j’écrirai la nuit passée sur le jour qui s’annonce, et la vie qui imposera ses droits sur la mort. J’écrirai.
Au fond du fond du vide le néant ne peut être. Au bord du bord du gouffre et dans le vertige absolu et les doutes immondes, reste la part d’espérance qui cultive le ventre de ma terre, ta terre, celle que je veux pour mes enfants.
La poésie...l’écrire parce que le temps ne fait rien, et qu’alors que les mots s’écoulent, l’idée d’un autre monde enfle, sous la peau, dans l’outre divine dont le vin enivre la plume et la muse.
C’est vrai que l’Internet nous aime et aide, puisqu’il relie les poètes écriveurs et les poètes lecteurs, enfin, un microcosme dispersé, écartelé, que nous voudrions pourtant remembrer et voir s’épandre et s’épancher, toucher au-delà du numérique, parce que tout le monde n’y a pas encore accès.
Mais qu’importe le support au final, le destin poétique se donne où il peut être accueilli. L’essentiel est le partage et de ne pas enterrer la poésie aux éditions catacombales...
Entre les heures, en train d’écrire sous les notes brunes et la nuit blanche, je vois arriver les mots obscurs et les couleurs de sibylle sur la transparence de mon livre infernal.
La partition de mes rêves se compose dans les notes que ta voix offre aux lendemains. Entre les heures précieuses de notre saison, il est un poème aux saveurs de miel et de pétales de rose, il s’écrit à l’encre de nos veines.
Certains jours sont tellement attentifs et attendants que le soleil même ne saurait faire la lumière, mais certaines nuits sont tellement blanches que l’encre la plus sombre se lit même sur le marbre noir le plus froid.
Mon horloge compte sereine les couleuvres sans crédit. Il neige, et les flocons racontent une ville qu’ils ne connaissent pas.
Avec un peu d’encre posée sur une feuille déchirée, je colle les lettres des lendemains égarés, et j’écris un dessin sur la toile de mes cahiers perdus.
Le poème à la nuit qui s’inverse, se délie de mots, sans délit, sans lit, sur la nuit rassurée, et minuit signe un jour comme une promesse sur un monde trop vaste et qui ne tourne pas assez vite et rond.
© Marie Hurtrel
Entre nuits et jours, il y a tes yeux qui écrivent de demain le rêve. Entre mes pages, il y a l’aube pâle qui se lève et le parfum de ton soleil.
Il paraît qu’une première page ne se noircit pas, qu’elle ouvre le livre en se fermant aux mots.
Le monde est triste. Le monde est miné.
Le monde est une horloge cassée.
Je cherche l’engrenage qui a roulé sous la vie, pour le remettre en place et entendre le tic tac joyeux recommencer.
Dans les yeux de la louve la peur se dissipe d’un regard... une histoire se lit alors, comme un conte inscrit dans la terre la plus profonde et sombre, la plus belle, celle d’un langage sans espèce* commune.
Confiance.
C’est fou ce qu’il y a dans l’eau des yeux, autant de reflets que dans une goutte de pluie sur une feuille d’été sous la lumière du soleil.
Il y a le coeur, l’âme, et le corps, il y a la peine, la joie, la peur, l’espoir, la tristesse, le bonheur, il y a hier et demain.
J’aime l’eau des yeux, c’est un livre sans mots sur la vie.
Un poème dit. Un poème emmène parfois loin. C’est qu’être poète c’est ouvrir une porte, un chemin pour accéder à un monde que tu liras dans ta propre histoire, c’est celle écrite, celle que tu lis.
Le poète puise dans son sang ce qui est dans le tien, et tu le lis et lie.
En cela… Сталкер, да. Peut-être.
Je poserai la plume aux points de suspension d’une histoire qui ne finit pas, venue d’un coin de Russie qui ne me quitte pas.
C’est un soir à écouter le temps, dans le chant d’une horloge retrouvant la cadence d’un tic tac glorifiant le silence confiant et la nuit. C’est la paisible espérance que le ciel peut s’ouvrir sur les cordes de mon violoncelle et jouer la musique des anges.
J’écris, crie, crible mes pages, entre les heures avides. J’écris la chanson qui s’est tue, et les notes heureuses qui viennent cueillir demain.
Quand la nuit s’écrit à la douceur des heures, le monde change sa dimension, d’un mot se tisse une échelle de fleur, pour monter sur le premier nuage qui me parle de toi.
Que l’obscurité soit sereine.
La nuit accompagne dans un voyage poétique, c’est l’heure où la muse pousse la porte des jardins, l’instant nocturne s’infiltre sous la plume, et l’encre glisse sur les pages de la vie.
Mes yeux sont des fontaines, et le froid ne fait rien à l’affaire, la source est d’eau chaude, la source est au coeur, l’heure adoucie et le jour installé dans sa pâleur... J’ai pris la plume de l’aigle pour écrire le temps comme une pluie nouvelle. Sur l’azur et ses nuages, je lis son nom.
© Marie Hurtrel
L’amour raisonné n’a pas d’existence.
Il y a les mots pour dire et les mots pour taire, et, entre les deux, sont les images, celles que les yeux n’oublient pas, et celles offertes par les mains.
Sans musique, un jour ne vaut rien que le vide des heures au cadran de la saison.
Je veux raconter la vie, par tous ses sens et son essence, la dire dans tous ses états, multiples et partagés, du plus brillant éclat des yeux aux ténèbres les plus sourdes et opaques, et être optimiste absolument. Espérer, à écrire le monde dans son envers, sans craindre.
Puisque demain est possible autrement, je suis optimiste par ce que je sais de mes hiers, et ce que je touche aujourd’hui.
Une envie de paix, intérieure extérieure, enfle comme les voiles sur la mer, de solitude accompagnée dans les heures claires des lendemains imaginés...il est un rêve au delà de mes réalités, il est un monde au delà des songes, où naissent les possibles et meurt l’innomée insensée douleur.
Quand l’âme donne à l’encre ce que les mains vides de sens posent sur l’absence, les minutes se noient dans les nues inconnues et je pleure l’inconsidérée démesure du temps et des chemins sur mes neiges éternelles... Ma tristesse inonde les heures incertaines.
De saveurs en couleurs, la poésie est tout, un art, des arts. Elle dit, suggère, invente, propose, décompose, ose.
La poésie est un essentiel, la nécessité, un regard intérieur, une vision extérieure, un chant de l’aube, un murmure vespéral, une saison en été, un hiver en peinture, les mains d’un sculpteur, les sensations du corps et le produit de l’âme.
Elle est Optimisme.
Une heure dans le nouveau matin, les rêves égarés dans les pupilles noires de mes nuits blanches, sur ta peau plus brune que la terre de mon jardin, j’étincelle les lettres de ton nom, et j’éteins celles de l’absence dans les notes de ta voix résonnant sur nos lendemains.
Il est temps de tiédir, infuser, de fondre... la route longue et froide a transi l’hiver et la ville, et ma maison glacée peine à se réveiller. Mes doigts tremblent sur le clavier et l’eau m’appelle en sa chaleur. Après, j’écrirai, trierai les photos, écouterai quelques notes chaudes et rondes, et reviendrai ici, et là.
Contre vents nous avançons, et le monde tourne à l’envers du sens songé pour le bon qu’il semble. Contre marées nous avançons, qu’elles furent rouges sans couper la route, nous pouvons cette *espèce transposer à nos mains et nos écrits.
*espèce (métaphysique) : image, émanation subtile que l’on suppose(ait) sortir des corps
Mon coeur est pris dans les méandres d’un fleuve sombre et froid. Serait-ce la Neva qui coule dans mes veines ?
Il est plus facile de se laisser guider par la petite flamme d’une bougie dans la nuit la plus profonde que sous les mille lumières de l’illusion...
© Marie Hurtrel
Une touche de rouge sur la toile, un peu d’ocre de la terre caressée de transparence, une feuille froissée et les pinceaux abandonnés, ce n’est pas une peinture et pas mon atelier, c’est un rêve et la douceur d’un ciel que j’imagine.
Prendre une goutte pluie et la poser sur les paupières d’un rêve, attendre l’heur en ouvrant la route, c’est le chant des fleurs.
Entre les ronces ont poussé un brin de sérénité, un fil de légèreté, une feuille de quiétude, un pétale de douceur, un lien sans fin sans lien et qui jamais ne se noue, et le rêve pour les cueillir.
Vite, le soleil en pluie sur le jour et les nuages, comme un rêve estival inondant le visage de la terre.
Parce que dans mes poches, il n’y a plus de cailloux, j’écris pour ne pas perdre ma route.
Mais je fouille, je fouille... voyons, voyons, dans mes poches il y a... quoi donc... trois rien, deux tout, un peut-être, des toujours, quelques hier, beaucoup de demain... ah, finalement de tout ça, je devrais pouvoir en faire une route
Une page, une autre page... posé le livre ouvert, les mots sont attendus au coin d’un rêve.
Les chats ne sont plus gris, à compter les tuiles citadines, ils dessinent un silence.
Le regard peint sur la toile d’un songe. Existe-t-il une couleur à l’émotion ?
Je la peindrais aux couleurs de fruits et de fleurs, d’orange et de roses, je soufflerais un peu de sable blond avant que la toile ne fige l’instant, que les grains brillent doucement, et l’encadrerais de bois de cannelier...
Et puis, j’enlèverais le conditionnel et la peindrai, soufflerai, l’encadrerai.
L’heure porte une douce nuit aux rêveurs, nuit aux étoiles, aux nuages, aux fleurs, à la rue, au silence, au chat sur le toit, à la lune étranglée, à l’encre qui parcourt le ciel et mes cahiers.
Un pétale de miel, un nuage de fleur, un sourire de terre, un soleil de nuit, une aube incertaine et le frôlement d’un rêve ouvrent le ciel...
Qu’y a-t-il sous la mer
Qu’y a-t-il dans une larme
Quand il pleut un baptême
Parce que s’accroche demain aux possibles. Entre deux pierres une violette a nargué l’hiver.
Les chats ne rôdent plus, il est l’heure de l’oxyde de carbone et des cafés de Christiane. C’est un matin debout sur le bitume, entre les roues de janvier et l’insolence mécanique de la ville.
Dites, madame Nature, vous ne pouvez pas les rapprocher un peu nos pays ?
Envie d’enrouler du câble sur les routes de hasards... le jour déjà franc enveloppe les toits des insolences boulevardines, il est temps de vivre.
© Marie Hurtrel
J’imagine sur demain, une fleur, un regard, le ciel et la vie. La vie imagine sur aujourd’hui, ses couleurs mêlées sur la toile du temps.
Le fard des clowns pleure de silence. Derrière, les yeux sont clos et la piste s’enlise, la musique déraille et sombre le spectacle.
Quand le soleil joue à la lune, son masque de feu arrondit le monde, et l’horizon écrit un poème.
La nuit épelle le nom du silence. Sous les cils d’un rêve qui s’efface, une dernière strophe s’égare et le poème se noie.
Quand tout entre en peu de mots, c’est que le coeur touche l’essentiel et que l’âme se tisse de lui et du monde. Il n’y a à dire que ce qui fleurit sans forcer, alors la source est naturelle et le bouquet sauvage.
Que la lune soit muse, ou la muse lune, peut-être que le monde s’arrondit comme l’une et s’encre comme l’autre, quand la plume entoure les mots de douce "versitude" et qu’aucune aspérité ne vient troubler sa caresse.
Les pinceaux couchés sous le chevalet, le saxo endormi près du piano, les cahiers se posent sur la nuit... le silence atteint les lueurs de la ville et le rêve son cauchemar.
Peut-être qu’il pleuvait. C’était la nuit qui voulait rêver, et la terre qui s’étirait de lassitude en regardant ses frontières.
Quand les mots font pousser les fleurs, le poète est jardinier.
Quand les fleurs poussent sur la pierre, le jardinier est poète.
La nuit vacille sur les angles du silence. Un oiseau a traversé le boulevard, à la fenêtre son aile tape, cogne. Ce n’est pas un oiseau. Il fait froid, un chien promène sa liberté sur l’asphalte. De l’autre côté de la terre, le soleil brille-t-il ?
Trois feuilles de thé dans un livre sans pages, deux gouttes de ciel dans une paume ouverte, un reflet des nuages sur l’horizon... l’heure compose ce que le temps écrit.
Ombre encore, elle avance, ombre sur la vie, ombre comme tombe, et demain peut-être encore, les lambeaux de la nuit noirciront les pupilles du monde.
J’ai trouvé une plume égarée entre mes pinceaux, marquée de bleus, griffée, ternie, perdue sous les tubes aux céruléennes déclinaisons et la jute déchirée. C’est la plume que cherchaient mes mains dépouillées. Le poème peut continuer.
Le songe racine entre la vie et l’eau, je bois un poème aux lèvres du temps, et la brise raconte ton sourire.
Par l’encre puisée dans la grammaire obscure de l’ecchymose autant que celle qui parfume les miels du silence, le poème se compose.
La nuit a rôdé entre les incohérences diurnes, arpentant la pluie comme un livre sans mots, un livre où s’écrivent les songes et l’écorce des bouleaux de Viritza.
© Marie Hurtrel
Quand il ne reste que l’écrire, comme un soupir, un dernier acte sur la page, et la lueur d’un poème qui s’éteint, quand il ne reste que les mots...
J’ai atteint le désert. Le sable s’insinue sous mes pages, couvrant mon chemin, l’encre s’évapore pour écrire sur un ciel éteint.
La nuit est mon encre. J’ai tenté les mots sur son front, tenté le poème sous la nue, tenté d’écrire sur la lune, tenté un frôle sur son âme, tenté un souffle sur la vie. Mon cahier bleu s’est noirci, et le silence a retenti.
Je n’aime pas la solitude, mais j’aime ce qu’elle nourrit en moi, j’aime les mots qu’elle me souffle.
De Liberté je suis revenue, avec cinq textes tissés entre les gouttes de pluie caféinée et des accords de guitares et d’un accordéon.
Un soleil lézarde sur les toits de la ville, entre les tuiles et les fenêtres sur un monde décoloré. Le boulevard est animé des nécessités humaines en souffle de carbonne et autres senteurs citadines. Dans mon atelier, les couleurs éclatent sur mes toiles et dans mon coeur.
Il y a du soleil mais il a quitté la ville, la pluie tombe sur les toits et ma lumière est intérieure. Le bonheur se cultive, je viens de retrouver quelques graines, un terreau, et le sourire d’un ange pour l’arroser.
Un petit rayon de soleil vient de caresser ma joue, vous savez, de ceux qui tirent les commissures des lèvres vers le haut... et celle d’une musique vers l’accord parfait...
Que l’amour est chantant, venu d’un crayon couchant sur une feuille le nom de ses amants : poésie, réveil de conscience, révolte, vérité, soif d’apprendre, faim de vie. Le papier s’est donné, le crayon a reçu, et le jour a enfin pu commencer.
Je suis entre deux mots, trois couleurs, et un rayon de lune, parce que dans mon atelier dansent sur le même rythme la plume, les pinceaux et quelques notes.
J’ai à dire ma vérité, comme j’ai à écrire ma poésie. Elles se croisent parfois, se tissent, se tiennent par le bout des hiers et composent des chants étranges et étrangers, elles se prêtent des mots. C’est une danse où elles s’éloignent aussi comme la mer du rivage, se lâchent les mains, mais jamais des yeux elles ne se quittent.
La nuit, mon domaine, me dit qu’un cahier m’attend et que l’encre ne doit pas sécher dans l’encrier. Alors, j’ai posé des mots nocturnes sur l’argile, pétri la terre, sculpté, gratté, modelé l’assouplie matière, et un demain je les associerai, ces mots qui ouvrent les portes et les fenêtres. Que l’obscurité soit douce aux rêves.
Parce que les premiers mots entendus sont une source, parce que les premières notes sont un ruisseau, parce que l’éphémère mouille les yeux, le poète manque déjà.
© Marie Hurtrel
Un poète n’est jamais seul, mais les gens proches de lui sont loin.
Sous la nuit et ses pupilles noires dans le temps, le sommeil avance sur l’histoire qui s’éteint.
Pour réaliser les possibles en regardant les doutes dans mes peurs et leurs yeux, j’écris demain sur le silence de ton absence.
Un soir comme un autre, le sens absent des heures engluées, les questions en vitrail sur l’asphalte humide de la ville, un soir comme un autre, c’est le silence qui souffle.
L’Art est un pays, il n’a pas de frontières, c’est un monde. Il est le monde, c’est un chemin jonché de pétales, un rayon de l’âme, une lumière. Couleur de terre, bleu, orange, c’est dans les paumes un terreau léger et puissant.
L’Art est Liberté où tous les arbres peuvent grandir. Ajouter une légende L’Art est un pays, il n’a pas de frontières, c’est un monde. Il est le monde, c’est un chemin jonché de pétales, un rayon de l’âme, une lumière. Couleur de terre, bleu, orange, c’est dans les paumes un terreau léger et puissant.
L’Art est Liberté où tous les arbres peuvent grandir.
J’ai reçu un cadeau un peu spécial, une manière de cadeau dans un regard plus noir que le mien, rêveur et magicien, de ceux que je n’ose ouvrir,qui brûle mes doigts d’impatience et mes mots d’insolence. Une fleur qui pousse sur mes terres dévastées, pour que je la cueille et la dépose sur un coeur plus fou que le mien.
Les poètes c’est comme les papillons, ça vole plus haut que l’air et ça se brûle les ailes sur une seule idée de flamme, et puis ça meurt en silence, sur une fleur, dans un pré, entre une herbe folle et le regard d’un chien.
Partir est un voyage, comme un autre.
Ce soir est sans vague, à part celle de mon âme. J’écoute le silence, depuis que j’ai appris l’absence. C’était hier, j’ai admis l’impossible, décousu mes rêves, et réécrit Liberté sur un cahier de musique. Ce soir, comme un autre, est de nul autre un reflet, ce soir est pourtant comme demain, perdu dans le temps. J’ai gardé le pétale destiné, il est tombé des mains où je l’avais posé.
Qu’il manque une aile à la vie, et le destin boite.
La nuit tombe de sommeil, comme une feuille sur la neige, et l’encre se disperse sur un ciel à inventer, sur demain qui ouvre et la vie et le temps. Le temps d’aimer.
Ce matin devance le jour. C’est le chant du soleil dans l’encrier, une source claire dans l’atelier, un printemps en hiver, et le bruit des voitures sur le boulevard.
Ô mon fils, dans tes peurs quand la révolte s’insinue, c’est dans mes bras que tu verses ton coeur.
Ô mon fils, quand de mon ventre tu voudrais écrire ta vie, c’est du fond d’une steppe que ton âme ruisselle.
© Marie Hurtrel
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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