Dans tes yeux chargés des flammes divines
Par ton menton frôlant ma joue
Et les caresses au visage
De tes lèvres immobiles
Par mes épaules qui se tendent
Acceptent le jeu
Dans nos souffles qui se calent
Profonds
En un chant murmuré
Je brûle
Tu me damnes
Nos mains
Gourmandes et délicates n'hésitent plus
L'heure est à s'enhardir
Elles ne s'en privent pas
Elles glissent sous la chemise
Le coton est docile et l'audace de circonstance
Elles courent
Les légères
Sur les monts et merveilles de nos peaux rencontrées
Nos lèvres
Offertes et impatientes s'ouvrent
À la fusion de nos sens
Et les barrières tombent sous le frisson
Désir
Des vagues frémissantes déferlent
Sous nos doigts
Nous naviguons vers la dimension du plaisir
Ensembles
Noyés dans la violence de nos envies
Ah
Impatience à faire rouler une larme
Dans le jardin des délices jamais imaginés
Nous communions dans nos ivresses abandonnées
Abandonnés
Le monde n'existe plus
Nos aveux communs ont transpercé le ciel et ses nuages
Et les dieux répondent à nos suppliques
Envahis des sanglots du plaisir
C'est l'ombre qui caresse nos corps maintenant
Un sommeil irréel berçant en pensers
Mais
Une onde froide tout à coup
La lumière déjà sur le monde paraît
Je n'avais plus de chemise tout à l'heure
Me semble-t-il
Mais si
Que c'est sot
J'ai rêvé
© Marie Hurtrel. Texte déposé - n°SEZ7288
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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