Au matin vêtu d'un voile de lueurs floues
Vêtue à la ressemblance de l'heure blafarde
Je pose un pas
Puis un autre
Silencieuse et frôlant tout
Entre les coussins chus en hasards colorés
Les chevilles affleurées par les pans de la transparence
Fluide qui me drape
J'avance en roulant les promesses de mes hanches
Rondes et douces
Ton sommeil semble si serein et profond
Tes paupières closes s'ourlent de la lumière encore lunaire
Pénétrant la pénombre de ton antre
Aux senteurs de cannelle et de sucre
Dans un léger vol d'air je viens
Caresser tes cils
Sans chercher ton réveil
Contemplant ta peau
Toi
Étendu comme une étoffe brune sur le sol
Et les volutes bleues de satins imaginés
Doucement
Je souffle
Ma brise est tiède de la nuit
Désir
De
Ta
Peau
Effleurer
Juste l'envie mais
Je n'ose
Te toucher
De peur de briser
L'instant où
Mon regard encore
S'émerveille
Je m'éloigne de toi
Sans bruit
La main tendue vers ton corps
Ses muettes propositions
Mes pas nus font danser la chemise
Me parant des heures sombres
Mais
Pourquoi refuser l'envie et ses saveurs
Je m'approche à nouveau
Délicate
Des
Lits
Du lit
Et
Du
Bout
Des
Doigts
Provoque
Chaque
Parcelle
De
Toi
Ton être
Ton
Une plume légère
Reconnue dans la danse de mes mains
Couvrant tes pieds de baisers irréels
Je monte ainsi sur les mots et troubles
De tes ongles à tes yeux en caresses lentes et osées
Mes mains glissent
Ta peau est délice inventé à ma préférence
Douce avancée dans le monde des sens insensés
Ma bouche impatiente
À tes lèvres demande
Et tu soulèves les paupières et ton désir exalté
De fusions en ivresses
Les mots s'ajoutent aux spasmes des heures matinales
Enfiévrées
C'est l'onde des âmes et des corps s'émouvants
Sur la terre insolée
Et les communions du temps qui s'embrasent
© Marie Hurtrel 2009
texte déposé - n°UGZ2292
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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