Des fleurs s'éteignent
brisées dans la colère du ciel sans divinités
des lueurs quittent l'espoir
pour rejoindre le sanctuaire des anges
damnés
Les prières tombent
vaines
englouties par le fatal recommencement
le mausolée est d'une argile saoule de l'eau de l'enfer
Mais la vie se redonne
insensée
pour conjurer le sort…
vie nouvelle…
mais vie abandonnée
vie offerte…
vie sacrifiée sur l'autel de la misère reçue en baptême
par l'onction boueuse...
Éteints les petits visages
vides les yeux
les anges aux ailes brisées s'alignent et se perdent
demain ne s'attend pas
demain n'existe pas
Pleur
plainte
peur
composent le bouquet des années qui ne viendront pas
faim
attente
combat
déposent le rêve dans les mains qui ne se lèvent pas
Donnez vos larmes
comme source
donnez vos cœurs comme nids
recevez une goutte seule d'eau brune sur vos visages
pour accueillir un peu de la misère
alléger de cette goutte opaque le cœur d'Haïti
© Marie Hurtrel
texte déposé - n°SEZ7189
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
||||||
|
||||||
| |
![]() |
|||||