Les orgues funestes se nourrissent de ton sang
De visages figés de l’enfer
Et hurlent leur malédiction
Dans les gorges ouvertes sur le ciel et la vermine
Un cri inaudible accompagne
Le sol
Cloaque
Où rampe le serpent affamé
Sorti du ventre infect de la terre
La constrictrice
Glaise
Gluante
Jaune
Brune
Broie les âmes et les corps
Sur la peau éteinte de l’enfance déchue
Que le ciel inhume
Regards
Absents
Vides
Noyés
Dans l’argile
Tombeau de ta famine reçue en baptême
Aux corps de misère de ta vie
La puanteur maudit les ventres creux
Qui enflent sous le soleil vénéneux
Exhale le souffle de l’infernale
Nature à crucifier tes morts
Son haleine putride
Portant le râle fatal
Dissonance ultime
Sacrifiée
Ô Haïti
Blessure
Larme des dieux
© Marie Hurtrel - 14 Novembre 2009
texte déposé n°SEZ719B
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
||||||
|
||||||
| |
![]() |
|||||