Les hommes aussi peuvent souffrir, les hommes aussi peuvent être maltraités, et les hommes ont du mal à faire entendre leur voix au milieu des paroles mieux reçues des femmes au sujet de la violence subie. Question d'habitude...
Les hommes sont aussi entendus, mais ils ne le sont certainement pas assez parce que culturellement (encore la culture, mais quelle qu'elle soit car cela semble une base commune à toutes), culturellement donc et traditionnellement on voit l'homme comme un être fort physiquement et donc fort psychiquement par induction, et ce genre d'induction n'est pas logique, c'est de la généralisation et entre dans le domaine du formatage.
Et puis on apprend aux garçons et aux filles à être différents, dans l'éducation c'est vraiment une faiblesse à mon sens, et pour paraphraser S. de Beauvoir, on ne naît pas femme mais pas davantage homme, on le devient.
Si on apprenait tout simplement à nos enfants qu'ils sont des êtres humains et qu'on laissait faire la nature pour le distingo sexuel à l'adolescence, il y aurait peut-être moins de violences de part et d'autre, et moins de classification, moins de formatage, et moins de jugements de ce qui est bon pour les un(e)s et les autres.
Qu'un groupe donné ne se pose plus en dominateur par définition de supériorité pour quelque raison que ce soit, être homme, être femme, connaître la tradition, savoir, être soit-disant expérimenté, être "sage", prôner la défense d'une culture, imposer une religion, etc. tout ça dans la société familiale et par projection et extension dans toute autre société, quelle qu'en soit la dimension.
© Marie Hurtrel
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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