"Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais."
Charles Baudelaire.
"La meute en formatage vorace martèle que tout ce qui dépasse meurt, tout ce qui penche tombe, tout ce qui souffle s'étouffe. C'est l'heure de la meute qui sonne sur l'once où semble réduite l'humanité.
Que l'heure ultime de la meute sonne et que ses dents la mordent sous là où le diable se tortille."
Marie Hurtrel

Comme la nuit, rien n'est jamais obscur à l'absolu. Même faible, une lueur de lune éclaire. Il faut juste le temps pour s'habituer et apprendre la douceur des formes, des mots, des couleurs et des notes qui disent ce qu'en pleine lumière brûlerait l'âme et les yeux.
Marie Hurtrel
"Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."
Arthur Rimbaud
"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité "
René Char
"Par la poésie toutes les portes peuvent s'ouvrir, de la parole au rythme, du son au silence, entre pauses et respirations, que le point-virgule des minuits sonnant, encre la page suivante en bleu, rose, orange, rouge, et toutes les couleurs de la terre, du dessus au dessous."
Marie Hurtrel
Dieu, le fracas que fait un poète qu'on tue !
Aragon









© Marie Hurtrel
Au silence du boulevard, à ses ronflements mécaniques qui s’égarent encore... à ce mois d’août écroulé, à l’été qui roule son dépit comme un clope, et aux oiseaux qui s’attardent sur le toit d’en face...
On vit perpétuellement en manque, sans savoir de quoi par le refus de s'avouer ses propres rêves.
La quête ne finira qu'en sachant ce qu'elle est, alors, seulement, la sérénité sera la torche et la balise dans le labyrinthe obscur du monde.
Plus on est de fous, et plus on est de fous... pas sûre qu'on puisse en rire.
C'est dans quel sens, le monde ?
Il se roule, se fume, se broie, s'endort, se vend... et croule.
Et les chats sont toujours gris.
Il n'y a pas d'oasis dans l'exil intérieur...
La mémoire est visionnaire.
L'Histoire est une roue, elle tourne, tourne, et tourne encore, comme un film adapté... et la suite... vu le 1, vu le 2, vu à voir, et le prochain... il ne faudrait pas, encore, qu'elle nous roule.
Faire de la généalogie une matière obligatoire à l'école participerait à l'éradication du racisme.
Norme : horrible chose inventée comme collier de servage.
En marchant trop longtemps sur le bord de la faille, on devient sourd à l'effondrement de la terre.
N'oubliez jamais la nuit, c'est elle qui vous fait le jour.
Cacher ces mendiants qu'on ne saurait voir, ces empêcheurs d’égoïsme en paix et en rond... c'est l'accent grave du mot "crève", l'accent aigu du mot "mépris" et l'odeur de morgue du mot "silence".
"Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage", et pour preuve "d’enragement", vous dira-t-on, l’écume qui sortit de sa bouche quand son âme il rendit.
Est-il vrai que les morts bavent quand c’est de la bouche de leurs assassins que les vomissures tombent ?
...à vivre dans un tiroir, le poème se meurt, à le laisser dans l’obscurité, c’est bâillonner les étoiles.
Si seuls les saints accèdent au droit de se plaindre, on devrait entendre le plus profond des silences. Doux moment d’isolation
sensorielle ?
Hélas, souvent ce sont les bourreaux qui parlent haut et fort, et le silence n’a plus que le goût de leur boue
dans l’oeil d’un cyclone de dupes.
La mort est abstraction, en cela elle délivre la conscience, la vie est une branche figurative poussant sur cette abstraction.
Quant
à la chaleur humaine, elle est le brasier qu’on alimente soi-même, c’est par notre propre feu intérieur qu’on
attise celui en l’autre, peut-être.
Et c’est par le peut-être qu’on peut sentir cette chaleur, la conscience
d’un état vient de la perception de l’état opposé. Le doute est froid.
Jusqu’au bout l’humain espoir tient, jusqu’au bout le corps de l’espoir berce, mais après le naufrage,
l’espoir s’interroge sur son humanité.
Quand la vie compose les doutes, d’autres en certitudes tuent.
Où est l’aube où l’homme s’écrira humain ?
On n’apprend pas à vivre en tuant.
La mort est abstraction, en cela elle délivre la conscience, la vie est une branche figurative poussant sur cette abstraction.
Quant
à la chaleur humaine, elle est le brasier qu’on alimente soi-même, c’est par notre propre feu intérieur qu’on
attise celui en l’autre, peut-être. Et c’est par le peut-être qu’on peut sentir cette chaleur, la conscience d’un
état vient de la perception de l’état opposé. Le doute est froid.
Je ne sais ce que le dit Dieu fait, mais j’ai une idée de ce que les hommes défont.
Hier est un leurre, aujourd’hui décompense. Demain, je ne sais pas, je n’ai plus de dictionnaire.
La vie ne vaut que par l’amour, mais la vie est déjà l’amour.
Vaut mieux être un(e) imbécile par désinformation, qu’un(e) informateur/trice à filtres.
Il n’y a
aucune honte à être sot(te), car on peut toujours s’améliorer, mais il y a une grande honte à enlever des pages au
livre avant de le donner à lire.
Faisons du jour un présent pour l’avenir.
© Marie Hurtrel
Pour me voir, il suffit de regarder mes peintures, elles me ressemblent toutes.
Pour connaître ma voix, il suffit de me lire.
Le temps observe les gens qui passent.
C’est par la liberté de ne pas croire qu’on peut croire.
Sans écrire la nuit, on ne peut dire le jour.
Il y a des effondrements plus silencieux que le fond d’un lac.
La patience est bardée de satisfaction et ficelée d’indifférence.
La nature est belle, tout le reste est dégradation et pendeloques pour sapins de noël (pauvres sapins, au demeurant...)
La définition du mot féminisme est sabotée hélas, par des femmes elles-même.
Le féminisme
est humanisme, et pas du tout un clan de chiennes enragées qui veulent prendre la place au sommet en rejetant les hommes dans le statut de
décérébrés pourvoyeurs de gênes.
Mettre en relief le crime de l’un n’allège pas celui de l’autre.
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au
risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu’on l’enfonce sous un timbre
digne d’une oraison funèbre, parce qu’elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de
poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd’hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de
l’été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et
vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie
s’encorde de gouaille ou d’un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n’enchaire"
rien, c’est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l’engloutir de "pompesques"
morgues...
L’homme ne se perd jamais, il ne fait que se chercher, et c’est pour ça que parfois il s’égare.
Taire. Ce provisoire transmissible.
Dire. Cette transmission irréversible.
Il n’y a pas toujours de l’orage dans l’air, mais il y a toujours de l’air dans l’orage.
Nous disons tant de choses qui n’arrivent jamais là où nos mots voudraient se poser, mais...
Nous parlons trop
souvent dans le vide sidéral de notre égoïsme, peut-être que si nous parlions davantage tournés vers l’autre,
serions-nous mieux entendus.
Nous écoutons de même, trop souvent dans le vide sidéral de notre égoïsme,
peut-être que si nous écoutions davantage tournés vers l’autre, l’entendrions-nous mieux.
Il n’y a pas plus muet qu’un front.
Le foot c’est comme la religion... vous reprendrez bien un peu d’hypnotique cher peuple !
© Marie Hurtrel
Que les rêves soient beaux, doux, hauts, loin, trop tellement, mais surtout, qu’ils soient des rêves.
Il faut croire encore que la vie est possible, que l’enfer n’a pas de continuité dans le silence.
Je ne sais pas si le mortel en tant qu’homme est commun, mais je sais le commun mortel.
S’asseoir au bord du temps, le regarder couler et emporter l’inutile.
Quand on enlève le décor, on trouve la beauté.
L’heure de la citrouille approche... on ne compte plus les moutons, mais les courges... une cucurbitacée, deux cucurbitacées, trois cucurbitacées, quatre cucurbitacées... zzz... zzzzz...z..z.. zz....z...z....zzzzzz...
Un même silence est plus profond après l’orage qu’après le passage et l’envol des verdiers.
Faites des rêves, c’est essentiel pour garder le cap.
Il n’y a d’autres couleurs qu’intérieures.
La Terre aura toujours le dernier mot.
On est plus petit qu’on croît et croit.
Quand la poésie est poésie, les mots vont plus loin que les mots.
Quand les mots vont plus loin que les mots, la
poésie est poésie.
Cette boue de "faut bien vivre" d’une partie du monde justifie tant de crimes et veut justifier de ne pas poser ce mot "crime" sur ce que c’est pourtant vraiment.
Que l’art ne soit jamais censuré, car l’art est liberté, l’art naît de la liberté, l’art exprime la liberté.
Dormez bonnes gens, le monde tourne... qui se retourne, se révulse et révulse, repousse, tousse, gronde, se tord, mord, meurt... dormez, si vous pouvez.
Pose tes yeux et regarde.
La patience a les tiroirs pleins.
Qu’est-ce que la vie si ce n’est du vent ? Du rien accroché aux semelles...
A quoi sert d’avancer sur une route
sans fleurs, rien à cueillir que la brume et l’inconsistance, le doute, le vide, le néant sur un lit de braise... à quoi sert de
suivre le vent qui dépouille, balaye, efface, érode, lamine dans le fourneau du diable et ses rots sulfureux... à quoi sert de poser
le pied sur la lise puisqu’il s’agit de lise, la vie qui aspire comme le sable mouvant...
On croit vivre alors qu’on commence
à étouffer, elle nous broie quand on croit la voir s’ouvrir.
Il n’y a pas plus intarissable qu’un ignorant.
C’est en écoutant les enfants qu’on apprend le plus.
© Marie Hurtrel
On ne vit pas de son art, mais l’art est notre vie, chiche d’un côté et riche en l’autre.
C’est
tellement difficile de créer sans pouvoir s’investir pleinement, et pourtant toute l’énergie de l’inspiration entre
dans notre travail, à chaque instant.
Vit-on de l’art, vit-on pour l’art, peut-on vivre pour l’art sans vivre de
l’art qui nous lèche le coeur et le sang ?
La création essentielle, créer sans cesse, quoi qu’il advienne,
écrire, peindre, sculpter, modeler, produire le rêve... ne sommes-nous pas un morceau de nature ? La nature qui crée, sans cesse
et nous crée, elle vit, et nous fait vivre. Créer, exister, et considérer le matériel qui ne soutient rien de la nature, qui
freine l’élan, mais il faut continuer de créer, malgré tout, la glu aux semelles souvent, l’énergie, la foi, la
force de vivre nous poussent, sans aucune cesse.
Il n’y aura pas assez de lignes sur cette page pour écrire qu’il n’y aura pas assez de pages à ce livre pour écrire qu’il n’y aura pas assez de livres sur cette table pour lire qu’il n’y aura pas assez de livres pour ajouter toutes les pages qu’il faut pour tracer toutes les lignes qu’il faut pour écrire qu’il n’y a finalement pas assez d’encre dans mon stylo pour mettre un point au bout du bout du tout.
Il y a des soleils qui fluidifient tout, faut-il s’ouvrir à leurs rayons.
Aujourd’hui, j’ai appris. Ce soir j’ai grandi, pour mieux voir la vie par dessus mes impatiences.
Il me semble avoir compris (expérimenté) que la Providence ne se déplace que lorsqu’on marche vers Elle, et j’ai le sentiment que si le monde avance bancal, s’il tourne de travers, c’est parce les volontés procrastinent, assises sur craintes, croyances, endoctrinements, certitudes, individualismes, décérébrations consenties, lassitudes, désespoirs, dépits, etc. Le vouloir de vouloir, il me semble que c’est le starter de toute chose.
Noël 2010.
Le soleil s’est glissé sous la neige, scintille un matin, souffle le rêve, c’est par les enfants que le
monde changera. Que lutines et lutins reçoivent un seul cadeau, sans bolduc, sans piles, sans notice, sans couleur et de toutes les couleurs. Le
cadeau d’ouvrir les yeux.
L’héritage des haines, des rancoeurs, la source des besoins de revanches, de vengeances, les discriminations en coutumes perfusées, voilà le crime du père sur les épaules du fils. Tant que l’endogroupe sera miré sous le filtre de l’exogroupe, et tant que l’endo et l’exo auront un sens... les héritages en poisons se boiront.
Il n’est d’héritage qui ne puisse se refuser.
Dans les rancoeurs et les haines ancestrales, le tribunal n’a de siège que dans un coeur envahi par ses héritages.
Quand la vie est tendue comme un arc sur un bois mort... que faire, quand il n’y a plus le possible, de toute la fureur contenue ?
La semelle journalistique porte les stigmates des jours échoués, ici et ailleurs, et échus, n’est-il pas temps de les lire dans la poussière accrochée de la route, et de passer à autre chose...
L’hiver n’existe qu’hier.
© Marie Hurtrel
S’il suffisait d’être vivant pour vivre, le silence serait inaudible.
Quand nous toucherons le fond du pire, peut-être arriverons-nous à taper assez fort sur nos certitudes pour enfin remonter à l’Humanité.
Quand nous arrêterons de nous suicider, la vie sera, le monde commencera à naître.
Le monde est trop grand, et le temps trop rapide et trop lent. Mais la neige tombe, et les chats dorment sous les gouttières quand même.
Ce que l’autre pense de moi est sa réalité, pas la mienne.
Là où plonge le regard, l’âme se transporte.
Tels d’entêtés ânes (le mammifère pas l’abruti), continuons, il finira bien par changer ce monde à force de barricades gravies et de points levés (pas de suspension) de mots ajoutés, et encore écrire comme une révolte, la révolte, écrire pour preuve, écrire pour avancer, quitter le quai de la gare im-monde et inverser le train de l’enfer pris par ce monde.
C’est à avoir peur de l’enfer qu’on le gagne.
Il n’y a que de la peur qu’il faut avoir peur, elle brise tout.
S’il y a mille façons d’ouvrir les yeux, faut-il les ouvrir mille fois. Chaque déception est un cadeau pour les yeux.
La religion n’a aucun lien au divin, tout est par l’homme imposé, inculqué, les esprits bourrés de mille incohérences inhumaines, de tout temps, les dogmes s’adaptant aux besoins de quelques uns et par époque. S’il était un dieu, y aurait-il religion... non. Les religions ont des modes autant qu’elles les imposent et les suivent, elles ne sont, et ont toujours été, qu’un besoin de puissance et de création et de préservation de privilèges, tissées d’une peur de spoliation.
Définir ce qui est bien pour les autres par ses propres rêves est un mépris et une insulte.
Qu’est-ce que la beauté ? Beau ? "ô mortels, comme un rêve de pierre, et ’son’ sein où chacun
s’est meurtri tour à tour, est fait pour inspirer au poète un amour, éternel et muet ainsi que la matière... et je
hais les ...mouvements qui déplacent les lignes, et jamais je ne pleure, et jamais je ne ris..." C.B
La beauté relative. La
beauté se trouve où l’apparence n’est pas, derrière la porte la plus sombre et lourde, la porte qui demande la
force d’un titan pour l’ouvrir. La beauté n’est pas factice, elle n’est pas masque, elle n’a pas de
matérialité, la beauté se situe ailleurs, loin au-dessus des nuages et dans les terrains les plus vagues, là où
coulent les ruisseaux et les larmes de sang, la beauté c’est la terre et son ventre brûlant. C’est une âme, un coeur,
c’est un partage, c’est l’amour tout simplement.
Sur demain qui se lève, le doute s’enracine d’être encore à aujourd’hui à visiter l’absence et ses suppôts attente et solitude.
Le vulgaire pollue, c’est une dissonance.
La traitance a-t-elle un sexe, elle aussi ?
C’est fou ce que le monde sexue les raisons et dimensions dépassant le corps. Tant
que l’humain pensera avec le sexe, le monde continuera de s’effondrer. Le sexe a le dos large...
© Marie Hurtrel
Les envieux, d’un mot détruisent ce que jamais d’une vie ils ne maîtrisent.
Quand la plume déborde de ce qu’elle ne peut écrire, le poème s’effondre.
Je ne sais pas demain, mais j’y vais quand même.
Vivre est construire. On ne construit pas seul, c’est la destruction qui se fait seul.
Un enfant, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, est un être humain, pas une marchandise, ni un faire valoir.
La permanence du provisoire accompagne jusqu’au tombeau.
Tout ce qui sort du format doit être coupé, qu’un enfant de six ans vole une gomme, il sort du format. Faire entrer dans le format dès la naissance, ou éliminer, ghettosïser, etc. Les enfants sont comme ci, les bretons sont comme ça, les corses sont ceci, les anglais sont cela, les vieux sont ainsi, les jeunes sont de ci, les adoptés sont comme ça, les adoptants sont comme ci, les étrangers sont comme tels, les pays (personnes) sont tels que, les malades sont ceci, les intelligents sont cela, les idiots sont comme ci, etc. Formatage. En rang, et que personne ne dépasse, et surtout pas en pensée. La gestion d’un troupeau est plus facile quand les bestioles sont calibrées, c’est plus simple pour les gaver et en faire des outils. Faut-il adhérer au calibrage pour accéder au bonheur, le bonheur est-il dans la dépersonnalisation. Doit-on, peut-on, faut-il.
La peur des autres vient du doute de soi.
Lorsqu’on se concentre trop sur l’avoir, l’esprit, au lieu de penser, chasse.
Ce n’est pas le fait de vivre pleinement le présent qui donne un futur, mais le fait de penser le futur qui fait vivre pleinement.
On ne fait pas taire ceux qui n’ont rien à dire.
Que la douleur se pose sur les mots, si les souvenirs parlent du visible invisible, déjà palpé, trop palpé. La poésie, à mon sens, s’étend, par capillarité, dans tout ce qui nous fait nous. Je veux écrire les roses, le lilas et son ombre bienfaisante, et je veux écrire le sang et son épanchement, parce que je veux écrire la vie, pas seulement une part, pour rendre, du mieux que je puisse et si cela est possible, une réalité humaine, au-delà des rêves, au-delà de l’espoir, comme on décompose la structure d’une encre et de nos ancres. Après, que le vent souffle, nous savons où nos dimensions racinent, peut-être est-ce un repère, sans impliquer l’acceptation comparative des souffrances quelles qu’elles soient, peut-être est-ce nommer simplement la barque sur laquelle il n’est d’autres choix que d’aller, on ne change pas de corps, on ne change pas d’âme, on ne change pas de coeur, mais on ajoute, fleur à fleur, épine à épine, ce qui nous concrétise. Peut-être est-ce une façon de combler un néant, de rester sur le bord du vide sans se faire aspirer. Je ne sais pas. J’écris.
Il me faut trouver une autre région, là où le vent souffle dans une autre direction... pour changer de coiffure.
Laissez-moi mes illusions, je n’ai pas d’autres essences pour rêver.
Un nationaliste est quelqu’un qui n’a rien d’autre à se mettre sous l’exaltation.
© Marie Hurtrel
Ascenseur ou descenseur ?
Demain, c’est dans combien de strophes ?
La nature peut tuer, mais l’indifférence lui donne souvent un sacré coup de main.
Il n’y a pas que le froid qui tue, mais le froid c’est aussi l’indifférence, l’oubli, la modération, la patience... dieu que ces mots sont froids... et leur substance peut tuer.
Qu’en est-il de la patience pour ceux qui mangent de la terre pour calmer les cris du ventre affamé ? Qu’en est-il de la
patience pour ceux dont les lèvres craquent et dont le sang colle à l’appel de l’eau absente ? Et pour celles (et ceux...)
qui devront subir des mutilations "à vif" parce qu’on ne bouscule pas les coutumes comme ça ? Qu’en est-il de la
patience pour ceux dont les mains saignent et le cerveau s’embue sous les crocs acérés du froid, piétinant la neige face
aux restos bondés de ventres repus ?
Qu’en est-il de la patience pour tous ceux qu’elle tue ?
La patience ? Quelle
patience ? Celle aux tiroirs pleins ?
A peine arrivée sur le premier quai, un constat : nous sommes l’être et la chose. Affublés des rêves qui ne sont pas les nôtres. La vérité est intérieure et la livrer nous fait introniser menteurs. Comment la vie pourrait-elle être autre qu’une gare ?
...ne sais pas demain, ne sais pas hier, ne sais pas... pas dire, pas écrire, pas faire... ne sais rien, pas hier, pas demain, juste aujourd’hui qui livre et se livre. Je.
A force de se prendre les pieds dans le tapis, on finit par voir qu’il y en a un.
Le jeu ne vaudrait pas la chandelle qui l’anime.
Perturbation cyclonique, campement poétique.
Pourquoi faut-il que le vent emporte les feuilles toujours trop loin ?
Les feuilles partent toujours trop loin, parce que le monde est trop
vaste et le vent inconscient.
Née entre la muse et l’encrier, je suis le silence, le vide, le non être, je suis le et caetera de la vie, le rien dans le tout, le tout ou rien, le tout dans le rien... mais, qui suis-je ?
Pourquoi écrire la nuit puisque le jour n’existe pas, pourquoi poser les mots puisque leur sens égare. Ne dit-on pas que la terre est ronde et que ton soleil est le mien ?
Ce n’est pas parce que l’art s’exprime dans l’abstraction qu’il n’a aucun sens. Poésie, peinture, musique, des vibrations, couleurs, lecture en soi (de soi), ne sont abstraites qu’au bord de l’attente. Je ne veux ni n’attends rien, je reçois, et cela a du sens.
C’est le brouillard qui égare, pas le feu.
Attentisme est un tueur en série.
Si on ne doit pas dire, si on ne doit pas écrire, que faire alors de ce qui déborde du livre ?
Je n’aime pas l’oubli, parce qu’il déstructure la pensée, avilit le sens de nos actes. C’est par ce dont je me souviens que j’avance en ouvrant plus largement ma porte, mon humanité.
Reconnaître qu’on est stupide, c’est déjà un pas vers l’intelligence.
Tous les fruits qui ne sont pas mangés pourrissent.
© Marie Hurtrel
Les murs font les portes
Les portes font les verrous
Les verrous font les rêves
aux solutions
Ce n’est pas parce qu’on se réveille qu’il faut arrêter de rêver. Rêver, c’est comme respirer, alors...
Surtout si vous rêvez, ne dormez pas, pour ne pas oublier. Le jour en dépend.
Le premier crime est l’indifférence.
Nier le crime est un crime.
Un jour j’ai vu la colère sauver une vie. Il n’y a que l’indifférence qui est mauvaise conseillère, sous couvert de recul et de modération elle passe le rabot sur les souffrances et muselle par le doute, une façon de (re)tuer.
Le poète est un soliste, mais le monde est son pupitre.
On ne peut accuser le fils du crime de son père.
S’habitue-t-on aux chaînes ? Mais quel est ce tremblement d’âmes qui vacillent quand le fer tombe sous la lame salvatrice ? Où sont les repères repaires de l’innommable, phares dessinant les récifs entre nos libertés désaccordées... Les chaînes ont-elles rompu dans l’air bu comme ivresse nouvelle, n’ont-elles plus d’ancres, est-ce un rêve, ou est-ce seulement mutation du métal et sa morsure...
Absurde. J’arrêterai de peindre des sphères quand j’en aurai fait le tour et trouvé leurs extrémités, car il ne faut pas croire que l’on tourne toujours en rond. Si tout recommençait sans cesse, ne nous-nous pas saurions lire l’avenir ? Chaque mémoire et in-mémoire différant.
Les mots... Donne un mot à un homme, et il entend le vent, apprends lui à écrire, et il en fait sa chanson.
L’indifférence évidente aux malheurs qu’on ignore s’exhibe par la misère et la mort... des autres.
Penser à demain comme si c’était hier fauche les craintes.
Il faut être bien vide pour ne rien entendre du silence.
Soulevez un pan de la nuit, et vous verrez que le soleil est encore là.
Les rêves sont faits, rien de va plus.
La vie est une roue où nous lançons nos rêves, mais je n’ai pas encore
compris qui est le croupier et quel est son pouvoir.
Le rêve est un radeau de sauvetage.
On ne peut prendre la vie que par le bout qu’elle nous tend. Mais on la suit par ce qu’on lui donne.
© Marie Hurtrel
Les rêves sont faits, rien de va plus.
La vie est une roue où nous lançons nos rêves, mais je n’ai pas encore
compris qui est le croupier et quel est son pouvoir.
Le rêve est un radeau de sauvetage.
On ne peut prendre la vie que par le bout qu’elle nous tend. Mais on la suit par ce qu’on lui donne.
Le monde mal barré ne risque pas de retrouver un bon cap si la haine s’hérite et se transmet sans cesse comme cadeau de
naissance.
Quand va-t-on arrêter d’écrire une part de l’Histoire sur le front des nouveaux-nés ?
Ce n’est pas avec les coquilles qu’on fait une omelette.
Existe-t-il, sur cette planète, quelqu’un qui connaisse ma langue ?
Qui sait ma couleur ?
Qui voit mon ciel ?
Je
croyais que la Terre était ronde.
On ne choisit pas toujours son exil, et point besoin d’être loin de tout pour être exilé.
Je ne crois pas à certains discours et justifications quand on va "aider", et par le feu qui plus est, un pays alors que l’intention est de le bouffer.
Un jour, c’est long. Un mois, c’est très long. Un an, c’est plus que long. La vie, c’est trop court.
Je n’ai pas de religion, Dieu m’en préserve !
Pour me voir, il suffit de regarder mes peintures, elles me ressemblent toutes.
Pour connaître ma voix, il suffit de me lire.
L’infini est en soi, on passe sa vie à le sonder et tenter de l’écrire.
Il ne faut pas laisser entamer sa confiance par ses souffrances, à les entendre trop fort on ouvre ses oreilles à plus ignorant que soi.
Il y a tellement de pages au livre, que la vie se charge d’en arracher quelques unes.
Nos carences nous font faire le voyage d’Icare et ses conséquences.
On ne trompe jamais la liberté, c’est toujours elle qui nous trompe.
On ne peut être à l’Art et au trottoir.
Si l’éphémère ne peut s’éterniser, c’est que rien n’est éphémère et tout cesse de l’être, dès lors, tout entre dans l’éternité.
Quand on a peur de s’enivrer, on évite le vin.
L’amour soumis aux contraintes terrestres n’est qu’une envie de baiser.
© Marie Hurtrel
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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