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Ecrirage

Qu’est-ce la chose
non productive
on vous donnera l’eau où miroiteraient vos os
si chair pouvait
six sous la peau
si…
et vos piochent qui dérangent à vouloir creuser le sol de vos pères et pains
perdus

à quoi bon vous laisser nourrir vos ventres
puisque nos voitures ont faim

Le monde est une balance
et vous pesez trop lourd à vous considérer
quand nos graisses jalouses ont besoin d’enfler leurs mécaniques paresseuses

Vous serez spoliés comme vous l’avez été
il faut bien que l’on vive !
nous…
Mais vous serez dotés…
à faire bien dans le tableau des tas de regrets possibles
pour alimenter nos néons
rien de mieux qu’un don clignotant
haut
a posteriori
pour entretenir nos justifications à poursuivre l’aspiration vampirale impérative
impérativité
du sang de la Terre
vôtre
que l’on mange

Bedonnons ensemble
Frères
quand ce sont vos cadavres qui gonflent
j’ai l’aspartame qui mousse quand tarit votre lait

On ne va pas se battre contre l’ordre bancal
il y a si longtemps qu’on boite en vous marchant dessus
que l’on ne voit même plus vos visages enfoncés creux
sous la boue du « pas de ma faute »
et le suif du « j’y peux rien »

Si un mot suffisait
si seulement
on le ferait taire
il serait tu
sûrement
à quoi bon lors
à quoi bon dit-on

Mais
la tance tancée inlassablement
plus un mot enfonce
massue sur nos clous d’indifférence
plus enfoncera-t-il
peut-être
assez d’humaine torture
pour atteindre les tympans
tous
et de l’oreille au front le chemin n’est pas si long

Y aura-t-il un réveil assez fort
et contagieux
pour secouer nos égoïsmes par l’évidence
puisque l’altruisme ne pousse pas chez nous

Quand on fait crever une partie du monde
sous les voracités malsaines
c’est aussi la tombe de nos enfants qu’on creuse

© Marie Hurtrel


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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