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Salaire de la création

Jamais un créateur ne semble pouvoir vivre de son oeuvre, et même ne serait-ce obtenir de quoi continuer seulement, pour pouvoir acheter du matériel, par exemple quand il s'agit d'arts plastiques.

Celui qui travaille, que ce soit de l'esprit ou des mains, ou des deux, est en cela méprisé, et en plus les artistes, tous, sont souvent considérés comme des paresseux qui profitent de tout sans se fouler : les concertistes, les professeurs, les créateurs plastiques, les auteurs, les comédiens, etc. souffrent d'une image souvent réductrice, en plus de n'être que "l'usine" fournissant le produit commercialisable.

Dans un monde centré sur le profit ce n'est pas étonnant, et c'est écoeurant, et j'ajoute que ce système est général, pas seulement au niveau de la création et des créateurs. Si la moitié de la planète crève de faim pendant que l'autre s'encourage de "bon appétit" devant des monceaux de nourriture, cela part du même principe.

Le monde marche à l'envers et peu s'en préoccupe puisque le ventre domine. Une cause n'est souvent défendable(due) que lorsqu'elle touche personnellement, enfin pour beaucoup, et même vu de l'extérieur il est parfois difficile de s'engager dans une cause quand on n'est pas touché dans sa chair, certains êtres humains fermant les débats par le "ça ne vous concerne pas". Ce n'est pas comme ça que les choses avanceront.

Mais heureusement il y a des gens qui ne lâchent pas et cherchent à changer les choses, ce qui finira peut-être par changer le monde.

© Marie Hurtrel


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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