La musique essentielle, rien ne sert de forcer le rythme et l'accord à plier au sens voulu, elle "cacophoniserait" l'oeuvre. Et rien ne sert non plus de vouloir plier le sens à la musique, il s'y perdrait.
Il faut chanter et non écrire.
Si on laisse la musique envahir naturellement l'instant inspiré, le sens suivra sans burin et le marbre poétique deviendra argile souple, si le sens arrive dans l'encre de la muse comme l'eau d'une source claire, la musique peut arriver sans force.
En fait, il me serait impossible d'écrire avec les outils d'un tailleur de pierres... et lire de même.
Que le texte plaise ou non, question de sensibilité musicale et poétique. Le poème doit toucher, pas heurter, même s'il provoque, arrache, gifle, même s'il paraît sibyllin. Cent fois sur le cahier remettre ses mots pour enfin arriver à vivre et chanter la poésie et non l'écrire en devoir. C'est une langue qui s'apprend pour ne plus être de l'interprétariat mais une seconde langue natale.
Il me semble !
© M.H
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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