Site déposé © n°UGZ218B. Site déposé © M.C.Hurtrel prose-poetique.com Textes déposés © n°SEZ7178 et suivants.
Bookmark and Share

Art fouille

Un rêve, peut-être en est-ce un, écrire, peindre, le reste important s'alliant à ce sang que je ne saurais oublier à consumer et consommer le néant. Car il n'y a pas de surface plane à vénérer, le trouble est la vie. Il n'y a de vide que dans l'envahissement matériel.
Sang, voulais-je dire encre, encore, mais il s'agit bien du sang, même dans les couleurs où plongent autant mes doigts que mes pinceaux.

La curiosité me mène par le bout de mes peintures et des pages bleuies (elles noirciraient aussi bien, mais la couleur ne peut émaner du noir qui simule le remplissage, j'écris d'une pointe noire le bleu de mes poèmes et de mes proses). Cette curiosité qui se baptise de la fébrilité dans les découvertes d'autres plumes et palettes, elle guide, attise, fait battre la tocante délaissée et trompant son usure, avec une excitation divine.

Que n'ai-je encore dix siècles à parcourir pour savoir ce qui viendra encore de l'inconnu...
L'inconnu de la bibliothèque humaine et celui des lumières multi-couleurs des épanchements plastiques à venir.
De toiles en terre, de livres en portes ouvertes, le besoin de lire la richesse nouvelle de l'étonnement. Et je maudis les frontières en leur marchant dessus, mes nippes froissées les narguant de l'insistance de mes prières irréligieuses. Comment renommer les illusions si ce n'est par les mains offertes et l'attente en coupe de larmes sans misère...
Paumes en coupe, parce que la coupe sévère qui s'imposait et voudrait s'imposer a fait bouillonner la raison des veines et que jamais plus la faim ne verra le scellé des alter-raisons se targuant d'intelligence sous la réflexion du gain à remplir les bas de laine de tout un continent de "déculturés".

Il n'y a d'acide que dans l'acidulé des citrons et d'amer que dans le zeste amoureux des oranges. Le mot, là, n'est que remise en face et force du désordre qui fait vivre, le pile du désordre de la nature qui vérifie l'incohérence du carcan cloué au dos de l'humain par ses propres définitions des lois. Lois de la nature exclues sous l'argument du perfectible... « monnaie-errement » instruit. Vivre n'est pas attaché à l'escarcelle, et se rend, alors, l'improbable cru aux arpents desséchés que du coeur l'on touche.

Les fouilles faméliques greffées à la soif incontinente de l'entendre et du voir, qui renomment sans cesse le point d'interrogation des horizons intérieurs, déposent la brume inquiète des considérations terrestres pour étendre leur tapis mécanique jusqu'à l'éclosion du sens. Continuer.

C'est sous la guenille que s'abrite un sage. Le miracle est sans dorures. Et l'art existe sous les tôles rouillées, du tropique au fond de mes riaux.

© Marie Hurtrel


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

SIREN 513018309
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants.
...
  • .
  • .
  • .
Page Rank
"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

copyright prose-poetique.com