Tout d'abord il faut préparer les lieux :
Dans la salle de bain, ou dans celle de douche au choix, il faut penser à disposer sur le bord de la baignoire le shampooing du bel animal, le flacon déjà ouvert.
Dans un deuxième temps il est nécessaire de régler la température de l'eau car le chasseur de loup des steppes russes n'aime pas l'eau froide...
Ensuite, il faut revêtir une tenue de circonstance, un vieux jean et un tee-shirt sans manche, si le maillot de bain ne vous tente pas, même dans une pièce bien chauffée comme une salle de bain.
Quelques assouplissements sont les bienvenus, pour le dos, les jambes, et le reste...
Ceci fait, il faut trouver le grand animal : un tour dans la maison vous amène vers le canapé qui fût le vôtre en d'autres temps, et vous découvrez là un regard qui en dit long sur les motivations d'un chasseur des steppes, point de loup dans ses yeux mais une certaine béatitude...
En demandant au *Zoï de quitter son lieu de repos vous découvrez son ignorance de la langue française alors vous tentez le russe, puis le chant, les roucoulements, et le reste, et vous voilà perplexe !
Le *Zoï souffre-t-il d'une surdité profonde ?
Ne voulant pas implorer davantage son altesse lupicide, vous devez soulever le corps souple et pesant qui semble sans vie si ce n'est par son ronflement sonore...
Faisant claquer son nom à l'oreille, vous tentez de provoquer une réaction et de poser au sol les quatre pattes taillées pour la course, mais la masse de fourrure s'effondre, mollement...
Alors, reprenant dans vos bras le bébé toisant 86 cm au garrot et affichant 38Kg d'inertie, vous l'amenez dans le lieu préparé pour les soins de son pelage.
Déposé dans le bac à douche, sa majesté lupicide s'assied, puis s'écroule épousant ainsi l'angle formé par le mur et le sol...
Il faut, maintenant, soigneusement laver le côté qu'il vous offre et retourner la bête aux dents longues, plusieurs fois, pour faire mousser le shampooing, puis rincer abondamment.
Après cette heure de soins capillaires, il est nécessaire de sécher le chasseur de loup étalé sur le sol :
à genou à ses côtés, un séchoir en main, une autre heure passe à tourner autour et retourner Lupicide 1er roi des steppes russes...
Votre labeur enfin terminé, Monsieur *Zoï se réveille, se lève, et retourne à sa sieste...dans le canapé, qui en d'autres temps fût le vôtre...

*Zoï : Barzoï
© Texte déposé - n°5H2717A
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
Site déposé n°UGZ218B. Textes déposés © n°SEZ7178 et © n°UGZ218C et suivants. ... |
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