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Pause

Quelle douceur dans l'air aujourd'hui !

Je m'étire et n'ai qu'une envie à laquelle je cède sans résister : m'asseoir près du figuier, en laissant mes yeux vagabonder...

Depuis le temps que je suis là à rêvasser, une abeille et trois sauterelles ont tenté de me faire bouger...mais les belles ne font pas le poids face à ma paresse du moment !

Il y a bien des jours où j'aurais réagi dans l'instant, question d'humeur sans doute, mais là, je dors d'un œil et somnole de l'autre...

Que non, le courage ne vient pas, et j'assume parfaitement !

Je m'étends, baille, ouvre à demi une paupière pour constater que la terre tourne et que la maison est toujours debout...alors, je replonge dans le vide confortable de mon cerveau qui ne sait pas ce qu'est une ébullition...

Voir les oiseaux tourner et les enfants courir suffit à m'épuiser. Je ne leur jette qu'un cil et reprends mon occupation : ne rien faire.

Mais non, ce n'est pas une sieste, ni un moment de réflexion sur les soucis du monde.
Je ne pense pas, ne dors pas, n'attends pas...

La respiration est ma seule activité, voyez-vous !
Ah ! Si, j'en ai d'autres, je déplace de temps à autres mes pupilles pour les poser sur une herbe, une fleur, un papillon, mais encore faut-il qu'ils bougent et se trouvent dans l'axe de mon regard.
Je ne vais tout de même pas faire un effort pour fouiller le paysage à la recherche d'insectes !

Les membres tendus comme pour saisir une corde céleste, un frisson me parcoure, l'air entre bruyamment dans mes narines et ce qui me sert d'habitude à m'exprimer s'ouvre largement à faire croire que le ciel est à gober.

Je fonds, m'infiltre dans la terre, je disparais sous le trèfle...un bouton d'or sur l'oreille...une épeire au coin de l'œil...

Je clos les yeux...et mon discours...


© Texte déposé - n°SEZ7185


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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"La télé est un soin palliatif pour le cerveau qui s'éteint" © G.H

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