Le Veau, l'Ânesse, et leur cousine la Truie, ayant chacun un domaine,
Avec une fière Lionne, reine auto proclamée de la zone des quatre domaines, et du sien,
Firent société, dit-on, aux temps passés,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans le domaine de l'Ânesse le soleil vient à briller.
Vers ses associés aussitôt elle appelle,
"Venez goûter la chaleur et partager mon jardin pour la sieste."
Eux arrivés, la Lionne mesura l'espace, pour doser le confort de chacun,
Et dit : "Nous sommes quatre et ton jardin est petit."
Puis d'un ongle quadrilla la terre chaude du jardin de l'Ânesse;
La Lionne s'installa la première, assise, sur un carré en qualité de reine :
"Voici la place de mon fondement, dit-elle ; et la raison est que je me nomme Lionne :
A cela Veau, Ânesse, Truie vous n'avez rien à dire.
Le deuxième carré, par droit, doit m'échoir encore, pour ma queue plus longue et lourde, c'est le droit du poids comme vous le savez.
Comme mes pattes sont fortes et plus efficaces que les vôtres, je prétends le troisième carré pour les y allonger.
Si quelqu'un de vous s'approche du quatrième carré je le dévore tout d'abord, et je pose ma tête."
© Marie Hurtrel
Texte déposé - n°SEZ7173
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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