Il y aurait beaucoup à dire de la poésie de Robert Notenboom, il me faudra revenir pour parler d'autres pétales de ses fleurs que j'ai cueillies dans ses recueils "Du silence à l'éveil" et "Il n'y a pas d'hiver" où chaque mot pèse de toute sa légèreté sur le sens.
Peuple choisi
Peuple choisi pour porter la souffrance du monde
Et témoigner
Voici que tu l'infliges
Et t'enfermes en toi-même
Au lieu d'illuminer le monde
Voici que tu portes le fer
Extermines tes frères et tes soeurs
Semant dans les nations
Haine et désespoir
Les meilleurs de tes fils
Pleurent à te voir te trahir
Et les fils de tes fils sont menacés
Réveille-toi Israël !
© Robert Notenboom
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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