Livre paru aux éditions CLE (Yaoundé - Cameroun) : "L'imparfait de l'exil" "Traduit de l'évènementiel" et "Une aube si tragique"
Quand je lis ses poèmes dans le livre de Narcisse Mouellé Kombi, regroupant trois recueils dont les textes anciens "Traduit de l’évènementiel" et "Une aube si tragique" et le recueil récent "L’imparfait de l’exil" j’ai parfois une impression de lecture psalmodique, mais pas du tout monotone, il faut dire que je lis la poésie à voix haute car c’est ainsi qu’elle prend tout son sens et sublime ses mots. C’est comme si j’avais ouvert un recueil de prières…le recours à l’anaphore y contribue un peu, rythmant la poésie et perfusant l’insistance aussi bien dans le cri que la supplique (y a-t-il supplique ou seulement questions ressassées). Prières peut-être… Non qu’il y ait du divin dans cette poésie, au contraire elle me semble ancrée dans la réalité terrestre et dans le sang du monde, mais qu’un espoir toujours y est soufflé, mon côté optimiste faisant aussi que je capte ce brin là dans toute poésie.
À mon sens, Narcisse Mouellé Kombi écrit un journal sous forme de poèmes cantiques.
Dans les exhortations aux fils de la misère que je trouve dans ses mots parfaitement dessinés comme le ferait un plasticien, il clame et provoque pour que le monde se bouleverse et se lève, et se sauve de lui-même (de l’exil et de son exil intérieur).
Je ne distingue pas les trois recueils dans ma lecture désordonnée, car après avoir "bue" cette poésie d’une traite enthousiaste, je retourne d’un texte à l’autre au hasard des pages et perçois un lien de sens, du cri à l’espoir c’est toujours une marche sur une route poétique tissée sur une trame d’émotions aux couleurs du vouloir, des regrets, des désirs et croisée des fils de la conscience et des réalités terrestres et humaines, tant par une histoire qu’un profond questionnement sur (ou du moins la recherche de) l’essentiel.
J’apprécie que ces trois recueils soient ainsi réunis, car je ne connaissais pas cet auteur avant cette lecture, j’ai pu cheminer entre les mots et peux continuer d’arpenter une poésie consistante et dont la musique trouve un écho tonal à ce que je recherche dans le support du sens et de l’histoire.
M.H
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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