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Des mots des autres

La muse malade

Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
       
Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
      
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques.
     
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phœbus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.  

Charles Baudelaire

La muse malade
peinture à l'huile au couteau
Marie Hurtrel

Idylle

Идиллия

Владимир Маяковский

Революция окончилась. Житье чини.
Ручейковою журчи водицей.
И пошел советский мещанин
Успокаиваться и обзаводиться.

Белые обои кари —
В крапе мух и в пленке пыли,
А на копоти и гари
Гаррей Пилей прикрепили.

Спелой дыней лампа свисла,
Светом ласковым упав.
Пахнет липким, пахнет кислым
От пеленок и супов.

Тесно править варку, стирку,
Третее дите родив.
Вот ужо сулил квартирку
В центре кооператив.

С папой «Ниву» смотрят детки,
В «Красной ниве» — нету терний.
«Это, дети, — Клара Цеткин,
Тетя эта в Коминтерне».

Впились глазки, снимки выев,
Смотрят — с час журналом вея.
Спрашивает папу Фия:
«Клара Цеткин — это фея?»

Братец Павлик фыркнул:
«Фи, как немарксична эта Фийка!
Политрук сказал же ей —
Аннулировали фей».

Самовар кипит со свистом,
Граммофон визжит романс,
Два знакомых коммуниста
Подошли на преферанс.

«Пизырь коки... черви... масти...»
Ритуал свершен сполна...
Смотрят с полочки на счастье
Три фарфоровых слона.

Обеспечен сном и кормом,
Вьет очаг семейный дым...
И доволен сам домкомом,
И домком доволен им.

Революция не кончилась. Домашнее мычанье
Покрывает приближающейся битвы гул...
В трубы в самоварные господа мещане
Встречу выдувают прущему врагу.


Membre du collectif des Poètes mal famés

On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines". Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...

© M.H

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