"Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais." Charles Baudelaire.
"La meute en formatage vorace martèle que tout ce qui dépasse meurt, tout ce qui penche tombe, tout ce qui souffle s'étouffe. C'est l'heure de la meute qui sonne sur l'once où semble réduite l'humanité. Que l'heure ultime de la meute sonne et que ses dents la mordent sous là où le diable se tortille." Marie Hurtrel
Comme la nuit, rien n'est jamais obscur à l'absolu. Même faible, une lueur de lune éclaire. Il faut juste le temps pour s'habituer et apprendre la douceur des formes, des mots, des couleurs et des notes qui disent ce qu'en pleine lumière brûlerait l'âme et les yeux. Marie Hurtrel
"Par la poésie toutes les portes peuvent s'ouvrir, de la parole au rythme, du son au silence, entre pauses et respirations, que le point-virgule des minuits sonnant, encre la page suivante en bleu, rose, orange, rouge, et toutes les couleurs de la terre, du dessus au dessous." Marie Hurtrel
"Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité " René Char
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ? Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes, Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ? Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin, T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté, Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques.
Comme les sons nombreux des syllabes antiques, Où règnent tour à tour le père des chansons, Phœbus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
Charles Baudelaire
La muse malade peinture à l'huile au couteau Marie Hurtrel
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...