Il n’y aura pas assez de lignes sur cette page pour écrire qu’il n’y aura pas assez de pages à ce livre pour écrire qu’il n’y aura pas assez de livres sur cette table pour lire qu’il n’y aura pas assez de livres pour ajouter toutes les pages qu’il faut pour tracer toutes les lignes qu’il faut pour écrire qu’il n’y a finalement pas assez d’encre dans mon stylo pour mettre un point au bout du bout du tout.
Les poètes c’est comme les papillons, ça vole plus haut que l’air et ça se brûle les ailes sur une seule idée de flamme, et puis ça meurt en silence, sur une fleur, dans un pré, entre une herbe folle et le regard d’un chien.
Les textes partagés ici sont choisis pour proposer un voyage dans les couleurs des mots issus de la liberté d’exprimer le poème du tréfonds et de l’avers. Par l’encre puisée dans la grammaire obscure de l’ecchymose autant que celle qui parfume les miels du silence.
La poésie est émotion. Elle va chercher l’émotion par sa musicalité autant que le sens, ce qui remue et touche le lecteur. Parce que la poésie est vivante, elle joue sur les cordes d’un instrument propre au lecteur, sur une partition écrite par le poète mais chacun peut interpréter selon son bagage émotionnel.
La poésie, toute, est une pierre jetée dans chaque lac-lecteur. Les ondes provoquées ont chacune leur longueur, toutes s’harmonisent pourtant.

Le voyage ne fait que commencer à l'entre-songes...
C'est le Cameroun qui m'en-visage, alors d'un peu de terre, rouge, et d'une petite branche d'arbre tendre, est venue la plume pour, vers lui, m'envoler.
© Marie Hurtrel
Tilleul au Cameroun
Préface par Fernando d'Almeida
On ne dit pas la poésie comme une messe, la voix qui porte les mots ne peut venir des résonances des cathédrales, au risque de porter des "raisonnances" soumises aux diffractions "déshumaines".
Elle pleurerait qu'on l'enfonce sous un timbre digne d'une oraison funèbre, parce qu'elle est vivante !
La poésie a des semelles usées de poussières anciennes et des rues et chemins de demain. Elle arpente aujourd'hui...
Elle siffle sous les bosquets insolents de l'été comme sous les gouttières brûlées des hivers citadins. Elle se balade sur le bitume, elle rampe et vole, mâche une herbe folle en recomptant les pierres des murets en terrasse de nos histoires profondes.
Que la poésie s'encorde de gouaille ou d'un son cristallin perçant le coeur des soprani, elle ne déclame rien, elle "n'enchaire" rien, c'est une rôdeuse, maraude, même dans ses mots les plus précieux, la voix ne peut l'engloutir de "pompesques" morgues...
© M.H
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